lun 27 juin 2022 - 23:06

Sur les pas de Dante, l’invitation à penser !

La Divine Comédie est l’un des chefs-d’œuvre de la littérature italienne, écrit par Dante Alighieri entre 1303 et 1321. Galilée qui a connu jeune, cette œuvre littéraire voyait en Dante : « un architecte et un chorégraphe ! ». Deux qualificatifs pour imaginer l’au-delà chrétien et le saisir comme extrêmement peuplé ! Un urbanisme surprenant et bien des destinées de l’humanité à méditer ….

« Architecte » puisque Dante élabore une architecture de mondes, capable d’accueillir tous les effets du Jugement dernier. Sous l’escorte de l’éminent Virgile, le poète païen, les lecteurs de « La Divine Comédie » découvrent un premier endroit : un enfer structuré comme un entonnoir s’enfonçant au fond des ténèbres, en dessous de la Jérusalem Céleste, un endroit pénible et malodorant…

Un second lieu ensuite : le Purgatoire ! Cet endroit que les théologiens chrétiens de l’époque venaient à peine de concevoir dans le souci d’éviter la brutalité d’un envoi direct des défunts en enfer, Dante nous le donne à voir. Pour lui c’est une montagne isolée et escarpée. Flottant sur un océan dans l’hémisphère austral de la Terre, elle est un lieu de transition, propice à des purifications, à des purges salutaires pour des âmes déliées de leur corps, expiant à chaque corniche des péchés capitaux … 

Troisième lieu : le Paradis ! À la suite d’une éprouvante marche ascensionnelle, le Paradis est un endroit merveilleux ! Il s’ouvre à Dante, voyageur persévérant, derrière les pas de la belle et douce Béatrice. Elle passera le relais de la contemplation de l’endroit à Saint Bernard de Clairvaux, un grand homme de foi. Deux guides emblématiques pour la fin du chemin vertical qui conduit vers la Lumière ! Une femme qui s’avance sous une pluie de roses et un homme pieux, connu pour son engagement dans les affaires de son temps. Tous deux aimés et admirés par Dante sont là, disponibles et proches de lui ; au travers d’un dialogue clair et lumineux, ils lui font pressentir toute la jouissance infinie de l’Eden et, au niveau de l’Empyrée, considérer l’immense beauté de la sphère supérieure où habite le Divin…

 « Chorégraphe » puisque le rêve exploratoire de Dante est empli de personnages empruntés à ses lectures, comme celles de l’Enéide ou de l’Apocalypse des apôtres, mais ses personnages côtoient également des personnes connues du monde de la société italienne de l’époque…

Dans son livre « choral », Dante justifie les apparitions en enfer de nombreux misérables, jeunes ou vieux. Certains pourraient être excusables mais ils n’ont pas eu le temps de se repentir tels ces jeunes amoureux de son époque, Paolo et Francesca : ce couple adultérin uni en un instant coupable par un baiser et tué par le mari jaloux qui les avait surpris !

D’autres individus moins recommandables sont présents puisqu’ils ont dépassé dans leur vie des limites impardonnables, inexcusables : des blasphémateurs, des sodomites, des ensorceleurs, même quelques florentins et toscans reconnus en ce lieu de terreur… Tous ! Tous, une fois entrés, peuvent laisser là toute espérance !

Par contre, dans le Purgatoire, où des âmes sans corps errent sur ses flancs de la montagne, dans un monde aérien où il est possible de contempler les étoiles, Dante s’apitoie sur leur douleur et leur affliction. Étonné d’y retrouver Casella, son vieil ami, le compositeur italien, Dante souffre à l’identique de toutes ces ombres qui aimeraient retrouver une corporéité pour prendre dans leurs bras ceux et celles qu’ils aiment…

Après avoir escaladé la montagne comme des pénitents en quête de repentance, après bien d’efforts obligés, ces âmes touchent l’entrée du Paradis, soutenus parfois par des prières qui montent de la terre et qui intercèdent en leur faveur …

Au Paradis, cet endroit de l’infini situé dans l’infini, avec ses neuf sphères concentriques dirigées vers le haut, on croise évidemment de nombreux saints ; on retrouve des hommes ou des femmes classés selon des péchés définitivement expiés ou remis.

Là, on voyage « de ciel en ciel » selon la planète de sa naissance. Le lieu est proprement félicité ! Pas de matérialité ! Plus de temps ! Partout règne et s’entretient l’Amour !

Lorsque son voyage poétique et prophétique s’achève, Dante, « un fidèle d’amour » reprend sa place dans le cours de sa vie. Sa conscience est alors portée par la joie d’avoir trouvé des réponses, après ses interrogations, vécues au creux d’un sommeil productif de tant de vérités !

La Comédie de Dante est un récit qui se hâte et ne s’attarde pas ; en dépit de débuts difficiles, le personnage principal donne une fin heureuse à sa quête intérieure ! Le livre jusqu’à ce jour a multiplié des lecteurs pour partager la volonté de savoir et d’approcher le mystère, de s’éteindre dans le mouvement éternel qui meut le ciel et les étoiles…

Dernière prière ou intercession pressante ?  Avant de quitter ses lecteurs, Dante murmure à chacun :

 « Je t’ai servi ; à présent nourris-toi par toi-même ! »

Claude Laporte
Cursus universitaire en Droit public, Organisation du travail, et Sociologie Politique. (Maîtrise en Droit Public (1972), à la Faculté de Bordeaux. Chargée de cours sur la « Sociologie Politique et des Institutions Internationales » aux élèves de 1ère Année de Droit (1972/1973). Puis, intégration professionnelle au sein de l’Assurance Maladie. Dernier poste occupé : Responsable de la Communication à la Direction des Systèmes d’Information à la CNAMTS. Autres diplômes : DESS Systèmes d’Information; DEA «Communication, Technologies et Pouvoir » (Université Paris-Sorbonne). Par ailleurs : des engagements dans le domaine associatif et culturel. Depuis mars 2020 une activité écriture/publications avec la création et l’animation du blog EMEREKA, journal d’opinions et d’humeurs ..

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