Wokisme et nouveaux amalgames (antimaçonnisme)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot wokisme est devenu, dans le débat public français, un terme de combat plus qu’un concept rigoureusement stabilisé. Il vient de l’anglais woke, d’abord lié à l’idée d’éveil face aux injustices raciales et sociales, puis élargi à la vigilance contre les discriminations. Mais en France, le terme est souvent utilisé comme repoussoir polémique, pour désigner pêle-mêle l’antiracisme, le féminisme, les études de genre, les luttes minoritaires, la critique du colonialisme, l’écriture inclusive, l’université militante, les politiques de diversité ou la culture dite américaine.

Un nouveau mot-valise

Woke maçonnique Jissey

Dans l’antimaçonnisme contemporain, ce mot peut servir de nouveau carrefour d’amalgames. La franc-maçonnerie y est parfois associée à une supposée entreprise de déconstruction, de dissolution des identités, de destruction de la famille, de guerre contre les traditions ou de promotion d’un universalisme abstrait devenu paradoxalement accusé de favoriser les particularismes. Le vieux soupçon s’adapte aux mots du moment. Hier, les loges étaient accusées de jacobinisme, de laïcisme, de bolchevisme ou de mondialisme. Aujourd’hui, elles peuvent être accusées de wokisme, comme si chaque transformation culturelle devait nécessairement avoir un atelier caché.

Cette entrée demande beaucoup de prudence. Il ne s’agit pas de dire que toute critique du wokisme serait antimaçonnique. Le débat intellectuel sur l’universalisme, l’identité, l’égalité, les discriminations, la liberté d’expression ou la transmission culturelle est légitime. Il devient antimaçonnique lorsqu’il fait de la franc-maçonnerie l’organisatrice occulte de tous les déplacements contemporains. La critique devient alors faux procès.

Un mécanisme ancien

Le mécanisme est ancien sous des vêtements nouveaux. Le soupçon prend un mot chargé émotionnellement, puis l’associe à la loge, aux élites, aux médias, à l’université, aux ONG, à la mondialisation, à l’État profond ou au gouvernement mondial. Le réel disparaît sous la chaîne des associations. La franc-maçonnerie devient une fois encore le nom disponible d’une modernité inquiétante.

Le mot-valise a une efficacité particulière. Il permet de réunir des phénomènes très différents sans les examiner. Il produit un effet de panique culturelle. Il désigne moins un objet précis qu’une inquiétude diffuse. L’antimaçonnisme s’en empare parce qu’il fonctionne de la même manière. Il aime les grands mots qui absorbent tout. Il aime les concepts flous parce qu’ils permettent des accusations larges.

La réponse maçonnique

La réponse maçonnique consiste à revenir à la méthode. Distinguer les débats réels des récits de panique. Examiner les faits. Refuser les mots-valises lorsqu’ils servent à tout accuser sans rien comprendre. L’égalité, la dignité, la lutte contre les discriminations et la liberté de conscience sont des questions sérieuses. Elles méritent mieux que l’amalgame. Le Temple n’est pas le quartier général des modes idéologiques. Il est, lorsqu’il reste fidèle à lui-même, un lieu où l’homme apprend à penser avant de condamner.

Voir aussi : Guerre culturelle, Nouveaux amalgames, Universalisme, Égalité, Complotisme, Modernité, Mondialisme.

Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme, Yonnel Ghernaouti

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.

Pour aller plus loin

Glossaire de la franc-maçonnerie

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