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Philippe-Frédéric de Dietrich naît à Strasbourg en 1748 et meurt guillotiné à Paris en 1793. Savant minéralogiste, membre de l’Académie des sciences, il devient en 1790 le premier maire de Strasbourg et reste dans l’histoire comme l’hôte chez qui fut chanté pour la première fois le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, future Marseillaise. Il est franc-maçon et membre des Illuminés de Bavière.
L’héritier d’une dynastie industrielle alsacienne

Philippe-Frédéric de Dietrich est issu d’une vieille famille protestante de banquiers et de maîtres de forges, les De Dietrich, établis à Niederbronn. Fils de Jean de Dietrich, il étudie au gymnase protestant de Strasbourg puis entreprend dès 1772 des voyages d’étude en Europe.
Son père lui achète en 1771 la charge de secrétaire-interprète des Suisses et des Grisons, qui l’oblige à résider une partie de l’année à Paris. Il épouse Louise Sybille Ochs, sœur du chancelier bâlois Pierre Ochs.
Un savant de l’Académie des sciences
Il démontre en 1775 la nature volcanique du Kaiserstuhl, près de Fribourg-en-Brisgau, et reproduit devant l’Académie des sciences, avec l’aide de Lavoisier, les expériences de Volta sur le gaz des marais. Correspondant de l’Académie en 1775, il y est admis en 1786.
Commissaire du roi à la visite des mines, des usines et des forêts, il publie une Description des gîtes de minerai et des bouches à feu consacrée aux Pyrénées (1786), à l’Alsace (1788) et à la Lorraine méridionale. Il participe aussi à la création des Annales de chimie avec Lavoisier.
Premier maire de Strasbourg et naissance de La Marseillaise
Ami de La Fayette, il est maire de Strasbourg de mars 1790 à août 1792. Il encourage Rouget de Lisle à composer des chants patriotiques ; le Chant de guerre pour l’armée du Rhin est entonné pour la première fois en public dans son salon.
Accusé de soutenir les prêtres réfractaires et d’avoir protesté contre les journées du 20 juin et du 10 août 1792, il se réfugie à Bâle puis se constitue prisonnier. Acquitté à Besançon, il est transféré à Paris, condamné par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné. La Convention le réhabilite après la chute de Robespierre.
Franc-maçon et Illuminé de Bavière

Dietrich est franc-maçon et fréquente à Strasbourg la même loge que Rouget de Lisle ; les sources consultées ne précisent ni le nom de cet atelier ni la date de son initiation. Il est également membre de l’ordre des Illuminés de Bavière, sous le nom d’ordre d’« Omarius ».
Les idéaux qui lui sont attribués, développement des sciences et des techniques, égalité des hommes sans distinction de religion ni d’origine, paix entre les peuples, s’inscrivent pleinement dans l’horizon des loges des Lumières. Il organise par ailleurs des cercles de réflexion en Alsace du Nord.
Principales œuvres
- Description des gîtes de minerai et des bouches à feu de la France : Pyrénées, 1786
- Description des gîtes de minerai : Haute et Basse Alsace, 1788
- Description des gîtes de minerai : Lorraine méridionale, 1799
Un maçon des Lumières au berceau de l’hymne national
Philippe-Frédéric de Dietrich incarne la figure du savant éclairé, à la fois industriel, académicien et magistrat municipal, nourri par la sociabilité maçonnique et illuministe. Le lien entre son salon, sa loge strasbourgeoise et la naissance de La Marseillaise en fait l’une des figures les plus souvent évoquées de la franc-maçonnerie alsacienne.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Philippe-Frédéric de Dietrich.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Lumières (trois).

