La Malédiction (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Sorti en 1976, La Malédiction de Richard Donner a installé au cinéma la figure de Damien, ce petit garçon que tous les présages désignent comme l’Antéchrist. Le film ne montre ni Loge ni Franc-maçonnerie. S’il figure dans la filmographie de 450.fm, c’est pour l’imaginaire qu’il a fixé : un mal caché au cœur d’une famille respectable, et un secret qui détruit celui qui le garde. De quoi interroger la différence entre secret initiatique et dissimulation.

De quoi parle La Malédiction ?

À Rome, le diplomate américain Robert Thorn (Gregory Peck) apprend que l’enfant que son épouse vient de mettre au monde n’a pas survécu. Un prêtre lui propose de recueillir à sa place un nouveau-né dont la mère est morte en couches, et Thorn accepte sans rien dire à Katherine (Lee Remick). Quelques années plus tard, devenu ambassadeur à Londres, il voit les morts étranges s’accumuler autour du petit Damien. Un prêtre aux abois, puis un photographe (David Warner) intrigué par des marques inexplicables sur ses clichés, l’amènent peu à peu à envisager l’impensable.

Le scénario est signé David Seltzer, qui en tire aussi un roman publié juste avant la sortie du film. Tourné pour l’essentiel en Angleterre et produit par la 20th Century Fox avec un budget modeste, le film doit beaucoup à la partition de Jerry Goldsmith : ses chœurs latins, réunis sous le titre « Ave Satani », lui valent l’Oscar de la meilleure musique originale, le seul de sa carrière.

Aucune Loge, mais un secret de famille

Disons-le clairement : aucun personnage n’est franc-maçon et aucun rituel maçonnique n’apparaît à l’écran. Les références du film sont bibliques, avec le livre de l’Apocalypse, le nombre 666 et la « marque de la bête ». Le mal y est servi par quelques fidèles dissimulés, au premier rang desquels une gouvernante inquiétante (Billie Whitelaw) qui s’installe dans la maison.

Le lien avec notre sujet est ailleurs. Le film met en scène un schéma que la propagande antimaçonnique a longtemps prêté aux Loges : des serviteurs invisibles placés au plus près des puissants, et un héritier préparé en secret au pouvoir. Ici, tout relève ouvertement du fantastique, mais le ressort dramatique est le même que celui des pamphlets : l’ennemi est déjà dans la maison, et personne ne le voit.

Le véritable moteur du drame est pourtant un secret d’une autre nature. Thorn cache la substitution à sa femme par tendresse, et ce silence devient la faille par laquelle le malheur entre. Rien de commun avec le secret maçonnique, qui ne retire rien à personne et protège seulement une expérience intime ; c’est exactement la confusion que les adversaires de l’Ordre ont toujours entretenue.

Apprendre à lire les signes

La Malédiction est d’abord un film sur l’interprétation. Thorn doit déchiffrer des indices : une photographie, une tache de naissance, une prophétie récitée par un prêtre exalté. Le spectateur hésite avec lui entre la coïncidence et la révélation. Le parcours rappelle celui de l’initié qui apprend à lire les symboles, mais le film en montre le versant sombre : celui qui finit par voir des signes partout risque de perdre pied.

La quête conduit Thorn jusqu’à un cimetière ancien des environs de Rome, puis en Terre sainte, auprès d’un vieil archéologue exorciste qui lui remet les poignards de Megiddo. Cette descente vers les tombes évoque la mort symbolique des parcours initiatiques, mais renversée : au bout du chemin, ce n’est pas la lumière qui attend le chercheur, c’est une vérité qui l’enferme dans les ténèbres.

Le premier jalon d’une saga

Le succès du film ouvre une longue lignée : deux suites en salles (1978 et 1981), un téléfilm en 1991, un remake en 2006, une série en 2016 et une préquelle en 2024. Le prénom Damien et le nombre 666 sont depuis passés dans la culture populaire comme raccourcis de l’enfant maléfique.

Revoir l’original, c’est mesurer combien sa force tient à la retenue : peu d’effets, une mise en scène sobre, un père qui doute. Pour un lecteur maçon, il rappelle que le soupçon naît souvent moins de ce que l’on voit que de ce que l’on croit deviner.

Fiche technique

  • Titre original : The Omen
  • Année : 1976
  • Pays : Royaume-Uni, États-Unis
  • Réalisation : Richard Donner
  • Scénario : David Seltzer
  • Interprètes : Gregory Peck, Lee Remick, David Warner, Billie Whitelaw, Harvey Stephens, Patrick Troughton, Leo McKern
  • Durée : 1 h 51
  • Musique : Jerry Goldsmith
  • Genre : Épouvante, fantastique

Voir aussi dans le glossaire : Confusion entre secret et dissimulation, Apocalypse et complot, Secret, Satanisme.

Pour aller plus loin sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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