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Né le 28 février 1902 et mort le 9 juin 1955, Jules Boucher est un écrivain, occultiste, alchimiste et franc-maçon français. Disciple de l’alchimiste Fulcanelli, initié tardivement à la Grande Loge de France en pleine Occupation, fondateur d’un Ordre martiniste rectifié, il a peu publié, mais l’un de ses livres est devenu un classique absolu des loges francophones : La Symbolique maçonnique (Dervy, 1948), sans cesse réédité depuis plus de soixante-dix ans.
Dans le sillage de Fulcanelli

Les éléments biographiques sur Jules Boucher restent minces. On sait qu’il se forme très tôt à l’ésotérisme et à l’alchimie, et qu’il se présente comme un disciple de Fulcanelli, l’énigmatique auteur du Mystère des cathédrales ; la dédicace de son Manuel de magie pratique en porte la trace.
À partir de 1935, il collabore à plusieurs revues occultistes, où il publie des articles réputés pour leur documentation. Il fréquente divers cercles d’étude de la pensée magique, à une époque où Paris compte de nombreux groupes héritiers de Papus et de l’occultisme fin-de-siècle.
Un Manuel de magie pratique
En 1941 paraît aux Éditions Niclaus son Manuel de magie pratique. L’ouvrage expose avec méthode les principes, les instruments et les opérations de la magie cérémonielle, en s’appuyant sur une solide connaissance des sources anciennes. Il est devenu un texte de référence des études magiques et a été réédité à plusieurs reprises, notamment par Gutenberg Reprints en 2006.
Une initiation sous l’Occupation
Jules Boucher entre en franc-maçonnerie à 41 ans, en 1943, alors que les loges sont interdites par le régime de Vichy. Il est initié dans la loge clandestine « L’Arche d’alliance » de la Grande Loge de France, à Paris. Cette initiation dans la clandestinité marque profondément son rapport à l’Ordre, qu’il envisage avant tout comme une voie spirituelle et symbolique.
Après la guerre, il collabore à des revues maçonniques, notamment à Le Symbolisme, la revue fondée par Oswald Wirth. En 1948, il fonde l’Ordre martiniste rectifié, témoignant de son attachement au courant illuministe issu de Louis-Claude de Saint-Martin.
La Symbolique maçonnique
Publiée chez Dervy en 1948, La Symbolique maçonnique ou l’art royal remis en lumière passe en revue le temple, les outils, les nombres, les couleurs, les gestes et les grades de la maçonnerie bleue. Boucher y adopte une lecture ésotérique et hermétique, nourrie d’alchimie, et insiste sur le respect scrupuleux du rituel, y compris dans ses aspects jugés désuets par certains. Réédité en 1979 puis régulièrement, l’ouvrage est devenu un classique de la bibliothèque des apprentis.
Victime d’une grave crise cardiaque en 1951, Jules Boucher se retire de la vie publique pendant les quatre dernières années de sa vie. Il repose au cimetière parisien d’Ivry.
Principaux ouvrages
- Manuel de magie pratique, Niclaus, 1941 (rééd. Gutenberg Reprints, 2006)
- La Symbolique maçonnique ou l’art royal remis en lumière, Dervy, 1948 (rééd. 1979)
Un livre de chevet pour les loges
Rares sont les auteurs dont un seul livre a autant marqué la maçonnerie francophone. Par sa clarté, son érudition symbolique et sa sensibilité hermétique, La Symbolique maçonnique a accompagné des générations d’initiés dans la découverte du temple et de ses outils. On peut discuter ses interprétations, souvent plus ésotériques qu’historiques ; elles n’en ont pas moins contribué à fixer, pour la seconde moitié du XXe siècle, une lecture spiritualiste du symbolisme des loges, en particulier au sein de la Grande Loge de France.
À lire sur 450.fm : La PAROLE PERDUE : Mais qu’avons-nous réellement perdu ?, L’humilité : la force silencieuse qui élève l’homme, Le Smartphone : nouveau miroir de Narcisse.
Voir aussi dans le glossaire : Symbolisme, Outils, Alchimie et soupçon antimaçonnique (antimaçonnisme).

