Initiation de Jean Zay à la loge Étienne Dolet d’Orléans, 24 janvier 1926 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 24 janvier 1926, à Orléans, Jean Zay, 21 ans, est initié dans la loge Étienne Dolet du Grand Orient de France, l’atelier où siège son père Léon Zay, journaliste républicain. Le jeune homme deviendra avocat, député radical du Loiret, puis ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire, auteur de réformes majeures. Cible de la haine antimaçonnique et antisémite, emprisonné par Vichy, il est assassiné par des miliciens en 1944. Ses cendres reposent au Panthéon depuis 2015.

Date : 24 janvier 1926
Lieu : Orléans, France

Une famille républicaine d’Orléans

Initiation de Jean Zay à la loge Étienne Dolet d’Orléans, 24 janvier 1926
Source : Wikimedia Commons – O. Morand – CC BY-SA 3.0

Jean Zay naît à Orléans le 6 août 1904. Son père, Léon Zay, dirige le journal radical Le Progrès du Loiret ; sa mère l’élève dans la religion protestante. Élève du lycée Pothier, le jeune homme se passionne pour le journalisme et la politique. Dans cette famille attachée aux valeurs laïques et républicaines, l’engagement maçonnique prolonge naturellement l’engagement civique. Inscrit au barreau d’Orléans en 1928, il rejoint l’aile gauche du Parti radical.

L’initiation du 24 janvier 1926

C’est dans la loge de son père, Étienne Dolet, à l’Orient d’Orléans, que Jean Zay reçoit la lumière le 24 janvier 1926. Le nom de l’atelier honore l’humaniste et imprimeur du XVIe siècle, brûlé pour hérésie place Maubert en 1546, figure tutélaire de la libre pensée. L’initiation d’un jeune homme de 21 ans dans la loge paternelle illustre la transmission familiale fréquente dans la maçonnerie républicaine de province.

Un frère du Grand Orient et de la Grande Loge

Jean Zay ne se limite pas au Grand Orient. La liste des membres de la Grande Loge de France publiée en 1934 dans une divulgation antimaçonnique le mentionne comme membre de la loge parisienne L’Éducation civique, qui comptait alors 142 frères et se réunissait rue Puteaux. Cette double appartenance, documentée par les publications hostiles de l’époque, témoigne d’un engagement réel dans la vie des loges au moment où il entre au Parlement.

Le ministre du Front populaire

Initiation de Jean Zay à la loge Étienne Dolet d’Orléans, 24 janvier 1926
Source : Wikimedia Commons – Agence Rol. Agence photographique (commanditaire) – Public domain

Élu député du Loiret en 1932, réélu en 1936, Jean Zay devient sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, puis ministre de l’Éducation nationale de juin 1936 à septembre 1939. Il prolonge la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, limite les effectifs des classes à 35 élèves, développe l’éducation physique, modernise les musées et prépare le premier festival de Cannes. Son projet d’École nationale d’administration, voté par la Chambre en 1938, n’aboutit pas avant la guerre.

Une cible de la haine antimaçonnique

Franc-maçon, d’ascendance juive par son père, ministre du Front populaire, Jean Zay concentre les attaques de l’extrême droite, qui exploite contre lui un pastiche antimilitariste de jeunesse, Le Drapeau. Démissionnaire en septembre 1939 pour rejoindre l’armée, il embarque en juin 1940 sur le Massilia. Condamné en octobre 1940 par un tribunal militaire pour désertion, il est interné à Riom. Le 20 juin 1944, des miliciens l’extraient de sa prison et l’assassinent à Molles, dans l’Allier. En 1945, la cour de Riom reconnaît qu’il ne s’était jamais soustrait à l’autorité militaire.

Postérité et mémoire

Le 21 février 2014, le président de la République annonce le transfert de ses cendres au Panthéon, décidé par décret du 7 janvier 2015. La cérémonie a lieu le 27 mai 2015, journée nationale de la Résistance, aux côtés de Pierre Brossolette, lui aussi franc-maçon. Écoles, rues et loges portent aujourd’hui son nom, et le Grand Orient comme la Grande Loge de France rappellent régulièrement la figure de ce frère devenu symbole de l’école républicaine.

Repères chronologiques

  • 6 août 1904 : naissance de Jean Zay à Orléans.
  • 24 janvier 1926 : initiation à la loge Étienne Dolet.
  • 1932 : élection comme député du Loiret.
  • Juin 1936 : ministre de l’Éducation nationale.
  • Octobre 1940 : condamnation par un tribunal militaire de Vichy.
  • 20 juin 1944 : assassinat par des miliciens à Molles.
  • 27 mai 2015 : entrée au Panthéon.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Musée de la Grande Loge de France (Musée maçonnique), Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Pierre Brossolette (Personnalité), Jean Zay (Personnalité).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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