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Félix Armand Marie Jobbé-Duval, né en 1821 à Carhaix (Finistère) et mort en 1889 à Paris, fut un peintre d’histoire et de décors religieux formé dans les ateliers de Paul Delaroche et de Charles Gleyre, puis un homme politique républicain, laïque et engagé dans l’action sociale. Adjoint au maire du 15e arrondissement en 1870 et 1871, conseiller municipal de Paris jusqu’à sa mort, il appartenait à la franc-maçonnerie comme membre de la loge « Zélés philanthropes ».
Un boursier breton aux Beaux-Arts

Fils de Thomas-Félix Jobbé-Duval, géomètre au cadastre du Finistère, il étudie à la pension Bourriment de Landerneau puis au collège de La Tour d’Auvergne à Quimper. Une bourse du conseil général lui permet de rejoindre Paris pour se former à l’art.
Entré en 1840 à l’École des beaux-arts dans l’atelier de Paul Delaroche, il passe en 1843 dans celui de Charles Gleyre. Il tente cinq fois le prix de Rome, sans succès, mais débute au Salon dès 1841 et y expose presque chaque année jusqu’en 1886.
Le peintre des grands décors
Médaillé de troisième classe en 1851 pour Le Jeune Malade, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1861. Son œuvre la plus visible se trouve dans les églises parisiennes : Saint-Séverin, Saint-Sulpice, la Sainte-Trinité, Saint-Gervais-Saint-Protais. Il travaille aussi pour l’hôtel de ville de Lyon et le Parlement de Bretagne à Rennes.
Parmi ses toiles figurent La Chute d’un ange (1844), La Conscience soutient le Devoir (1865), le portrait du lieutenant de vaisseau Joseph René Bellot (1855) et le plafond L’Histoire enseignée par les Archives, peint pour les Archives nationales entre 1877 et 1882. Il dirige par ailleurs l’École municipale de dessin du 3e arrondissement.
De 1848 à la Commune, un républicain dans la rue
Jobbé-Duval participe aux journées révolutionnaires de 1848. En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme adjoint au maire du 15e arrondissement. Le 31 octobre 1870, à la tête du 178e bataillon de la garde nationale, il entre à l’hôtel de ville pour éviter un affrontement sanglant.
Pendant la Commune, premier adjoint au maire du 15e et membre de la Ligue des droits de Paris, il est ensuite condamné, puis amnistié.
Un élu de l’action sociale

Élu au conseil municipal de Paris pour le quartier Necker, il y est réélu jusqu’à sa mort. Candidat malheureux aux législatives de 1876, il s’investit dans les questions sociales : en 1877, il fait subventionner un établissement pour jeunes incurables et crée un réseau d’orphelinats municipaux. En 1883, il représente la Ville de Paris à l’Exposition de Boston.
Il meurt à Paris, rue Sainte-Élisabeth, et repose au cimetière du Montparnasse. Son fils Jacques Auguste fut également peintre.
Aux Zélés philanthropes
Présenté par les sources comme un républicain de gauche, laïque et franc-maçon, Jobbé-Duval était membre de la loge « Zélés philanthropes ». Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation, ni l’obédience de rattachement, ni les offices qu’il a pu exercer dans l’atelier.
Son engagement maçonnique s’inscrit dans la cohérence de son parcours civique : défense de la République, laïcité et souci des plus fragiles, à travers l’assistance aux enfants et aux orphelins.
L’artiste-citoyen de la République naissante
Jobbé-Duval appartient à cette génération d’artistes et de notables parisiens pour lesquels la loge fut l’un des lieux de formation de l’idéal républicain. Peintre de commandes religieuses devenu élu laïque, il incarne les passerelles entre monde artistique, engagement municipal et franc-maçonnerie qui caractérisent les débuts de la Troisième République.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Félix Jobbé-Duval.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Initiation.

