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Victor Camille Savoire naît à Marchenoir, dans le Loir-et-Cher, et meurt à quatre-vingt-un ans dans le 18e arrondissement de Paris. Médecin, figure reconnue de la lutte contre la tuberculose, il est aussi l’un des francs-maçons les plus marquants de la première moitié du XXe siècle : engagé plus de quarante ans au Grand Orient de France, grand commandeur du Grand Collège des rites de 1923 à 1935, il est le principal artisan du réveil du Rite écossais rectifié en France.
Un médecin engagé contre la tuberculose

Issu d’une famille modeste, boursier, Camille Savoire obtient son baccalauréat au lycée d’Orléans avec la mention « très bien ». Interne des hôpitaux de Paris en 1892, chef de laboratoire à la faculté de médecine de l’Hôtel-Dieu de 1893 à 1898, il soutient sa thèse de doctorat en médecine.
En 1902, il devient directeur médical du dispensaire antituberculeux de l’hôpital Beaujon, puis médecin directeur du dispensaire Siegfried-Robin. Ses travaux sur la tuberculose en font une figure reconnue de la santé publique ; chevalier de la Légion d’honneur en 1910, officier en 1919, il est promu commandeur en 1933.
Quarante ans au Grand Orient de France
Camille Savoire est initié à vingt-trois ans dans la loge « La Réforme » de la Grande Loge symbolique écossaise, qu’il quitte au bout d’un an pour le Grand Orient de France. En 1894, il s’affilie à la loge « L’Avant-garde maçonnique », dont il reste membre pendant quarante ans et dont il est plusieurs fois vénérable maître.
Le 15 septembre 1923, il devient grand commandeur du Grand Collège des rites, l’instance des hauts grades du Grand Orient de France, fonction qu’il exerce jusqu’en 1935. Il publie en 1924, avec André Lebey, Les Ateliers supérieurs du Grand Orient de France.
Le réveil du Rite écossais rectifié
À partir de 1910, avec Édouard de Ribaucourt, Camille Savoire œuvre au réveil du Rite écossais rectifié en France, par l’intermédiaire du Grand Prieuré indépendant d’Helvétie, gardien de la filiation willermozienne. Ses projets n’aboutissant pas au sein du Grand Orient, il quitte cette obédience en 1935.
La même année, il fonde le Grand Directoire des Gaules, ou Grand Prieuré des Gaules, dont il devient grand prieur, puis constitue en octobre 1935 la Grande Loge écossaise rectifiée de France, qui s’intègre en 1938 à la Grande Loge de France. Il met l’Ordre en sommeil le 3 septembre 1939, le réveille après la guerre et transmet en 1948 la fonction de grand prieur à Julien Rybinski.
Principales œuvres
- Étude des alcaloïdes d’origine microbienne, 1898
- La Lutte antituberculeuse en Allemagne, 1903
- L’Office antituberculeux, avec Albert Robin, 1907
- Les Ateliers supérieurs du Grand Orient de France, avec André Lebey, 1924
- Ondes et radiations humaines, avec Jacqueline Chantereine, 1933
- Comment et pourquoi je me suis affilié au Rite rectifié ?, 1935
- Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite rectifié en France ?, avec René Wibaux et Aimé Machon, 1935
- Regards sur les temples de la franc-maçonnerie, 1935
Le pionnier de la renaissance rectifiée
Selon les historiens cités par Wikipédia, l’action de Camille Savoire n’a pas permis l’implantation durable du Rite écossais rectifié en France de son vivant, mais il est unanimement considéré comme le pionnier de sa renaissance. Haut dignitaire du Grand Orient, puis fondateur du Grand Prieuré des Gaules, il fait le lien entre la maçonnerie républicaine du début du XXe siècle et le courant chrétien et chevaleresque hérité de Willermoz.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Camille Savoire.

