Autorisation des réunions maçonniques par le ministre de la Police Lecarlier, 28 septembre 1798 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 28 septembre 1798, selon la chronologie Kronobase, le ministre de la Police générale du Directoire, Marie Jean François Philibert Le Carlier d’Ardon, autorise la tenue de réunions maçonniques, tout en les plaçant sous une étroite surveillance. La mesure intervient alors que les loges, laminées par la Révolution, se reconstituent lentement autour du Grand Orient et de son Grand Vénérable, Roëttiers de Montaleau. Elle illustre l’attitude ambivalente d’un pouvoir qui tolère la sociabilité maçonnique mais redoute les sociétés politiques. Quelques mois plus tard, en mai 1799, l’union du Grand Orient et de la Grande Loge ouvrira la voie à la renaissance de l’ordre sous le Consulat.

Date : 28 septembre 1798 (7 vendémiaire an VII)
Lieu : Paris, France

Les loges au sortir de la Terreur

Autorisation des réunions maçonniques par le ministre de la Police Lecarlier, 28 septembre 1798
Source : Wikimedia Commons – Chataignier, Alexis (Nantes, 1772 – Paris, 01–12–1817), dessinateur – CC0

À la veille de 1789, la France compte plusieurs centaines de loges. La Révolution provoque un effondrement rapide : en 1791, le Grand Orient ne reçoit de réponse que de 22 loges à sa souscription patriotique ; le 22 février 1793, son Grand Maître, Philippe Égalité, démissionne ; sous la Terreur, la plupart des ateliers sont dissous ou se mettent en sommeil. Au lendemain du coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), on ne compte plus que dix-huit loges actives, selon les données réunies par la BnF.

Une poignée de maçons maintient pourtant la flamme. Roëttiers de Montaleau fonde dès février 1793 la loge du Centre des Amis, qui reprend ses travaux le 21 décembre 1795 et s’installe en mars 1797 rue du Vieux-Colombier. Élu Grand Vénérable au printemps 1796, il reconstitue patiemment l’administration du Grand Orient.

Un ministre de la Police sous le second Directoire

Le Directoire, régime né de la Constitution de l’an III, vit dans la hantise des complots royalistes et jacobins. Le ministère de la Police générale, créé en 1796, est chargé de surveiller clubs, cercles et sociétés particulières. Ses titulaires se succèdent rapidement : Merlin de Douai, Cochon de Lapparent, Sotin, Dondeau, puis Le Carlier, avant Duval, Bourguignon et enfin Fouché en 1799.

Marie Jean François Philibert Le Carlier d’Ardon, né à Laon le 20 novembre 1752, est un vétéran des assemblées révolutionnaires : député du tiers état de Laon à la Constituante (1789-1791), puis député de l’Aisne à la Convention (1792-1795), où il vote la mort du roi. Nommé ministre de la Police le 27 floréal an VI (16 mai 1798), en remplacement de Dondeau, il reste en fonction un peu plus de cinq mois, jusqu’à la fin octobre 1798. Il meurt à Paris le 22 août 1799.

La mesure du 28 septembre 1798

D’après la chronologie Kronobase, le ministre autorise les réunions maçonniques à cette date, tout en les faisant étroitement surveiller. Le texte précis de cette décision n’a pas pu être retrouvé dans les sources en ligne consultées, et la mesure doit être considérée comme non vérifiée dans son détail. Elle s’inscrit toutefois dans un mouvement bien établi : sous le second Directoire, la vie des loges reprend son cours, et les autorités préfèrent les connaître et les contrôler plutôt que les interdire.

Cette logique de tolérance surveillée se prolonge sous le Consulat. En mai 1800, un rapport de police juge encore que les sociétés maçonniques peuvent devenir des points de réunion de factieux de tous bords. Le régime napoléonien choisira finalement d’encadrer la maçonnerie en plaçant ses proches à sa tête.

Portée pour la franc-maçonnerie

Autorisation des réunions maçonniques par le ministre de la Police Lecarlier, 28 septembre 1798
Source : Wikimedia Commons – Berthault, Pierre-Gabriel (1737-1831). Graveur Girardet, Abraham (1763-1823). De – Public domain

L’année 1798 marque le début d’une renaissance. Quelques mois après la décision attribuée à Le Carlier, le Grand Orient et l’ancienne Grande Loge de France signent le concordat d’union de mai 1799, célébré le 22 juin. On compte environ soixante-dix loges civiles en 1800, cent quarante en 1802 et plusieurs centaines dès 1803. Sous l’Empire, la maçonnerie devient une institution florissante et officiellement protégée, sous la grande maîtrise de Joseph Bonaparte à partir de 1805.

Postérité et mémoire

L’épisode rappelle que la liberté de réunion maçonnique en France a longtemps dépendu du bon vouloir de l’autorité de police. Cette surveillance, héritée du Directoire, se retrouve sous l’Empire et la Restauration, et ce n’est qu’avec la loi de 1901 sur les associations que les obédiences trouveront un cadre juridique stable.

Repères chronologiques

  • 22 février 1793 : démission de Philippe Égalité, Grand Maître du Grand Orient.
  • Printemps 1796 : Roëttiers de Montaleau élu Grand Vénérable.
  • 4 septembre 1797 : coup d’État du 18 fructidor ; dix-huit loges actives.
  • 16 mai 1798 : Le Carlier d’Ardon nommé ministre de la Police générale.
  • 28 septembre 1798 : autorisation surveillée des réunions maçonniques (selon Kronobase).
  • 23 mai 1799 : ratification par le Grand Orient du concordat d’union avec la Grande Loge.
  • 22 août 1799 : mort de Le Carlier d’Ardon à Paris.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Loge Mère, Tenue Funèbre.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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