666, la Malédiction (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Trente ans après le film de Richard Donner, John Moore signe avec 666, la Malédiction un remake très fidèle, sorti le 6 juin 2006, une date choisie pour son écho au nombre de la Bête. L’œuvre n’a aucun rapport avec la Franc-maçonnerie. Elle intéresse le lecteur maçon pour un autre motif : la puissance et les pièges de la répétition, du chiffre chargé de sens et du symbole réduit à une marque, autant de questions qui touchent au cœur du travail symbolique.

De quoi parle 666, la Malédiction ?

L’intrigue reprend presque pas à pas celle de 1976. Le diplomate américain Robert Thorn (Liev Schreiber) accepte à Rome de substituer à son enfant mort un nouveau-né orphelin, sans le dire à sa femme Katherine (Julia Stiles). Nommé ensuite à Londres, il voit les drames se multiplier autour du petit Damien (Seamus Davey-Fitzpatrick), jusqu’à ce qu’un photographe (David Thewlis) et un prêtre tourmenté (Pete Postlethwaite) lui fassent entrevoir la vérité.

Le scénario est crédité à David Seltzer, auteur de l’original, tant la nouvelle version en suit la trame. Le film est tourné principalement à Prague, avec des scènes en Italie et en Irlande. Mia Farrow, inoubliable héroïne de Rosemary’s Baby en 1968, y joue cette fois la gouvernante dévouée à l’enfant, et Michael Gambon prête ses traits au vieil exorciste. L’accueil critique est mitigé, mais le succès commercial réel.

Un marketing du chiffre, pas un secret maçonnique

Le film ne contient ni Loge, ni rituel maçonnique, ni allusion à l’Ordre. Le seul « secret » qu’il exploite est celui du nombre 666, emprunté à l’Apocalypse de Jean. La sortie calée sur le 6/6/06 montre comment un chiffre biblique peut devenir un simple argument publicitaire, détaché de tout contexte et de toute interprétation sérieuse.

Ce mécanisme est familier aux francs-maçons. Les symboles détournés sont au cœur de l’imaginaire antimaçonnique : l’équerre, le compas, le delta ou les nombres de la tradition sont régulièrement présentés comme des marques occultes, des signaux codés ou des preuves d’allégeance. Le remake illustre le même glissement à son échelle : un symbole cesse d’être une invitation à penser pour devenir un stigmate qui désigne et condamne.

Répéter n’est pas transmettre

Pourquoi refaire presque à l’identique un film déjà célèbre ? La question dépasse le cinéma. Toute tradition vit de répétition : le rituel maçonnique reprend des gestes et des paroles fixés, et c’est cette constance qui permet à chacun de s’y inscrire. Mais la répétition n’a de valeur que si elle est habitée. Reproduite mécaniquement, elle devient une coquille.

Le remake de John Moore offre à ce titre un contre-exemple instructif. Il conserve les étapes du récit original, mais se demande peu ce qu’elles signifiaient. Le lecteur maçon y trouvera matière à méditer sur la différence entre la lettre et l’esprit d’une transmission, et sur le travail des nombres, qui dans la tradition ne servent pas à faire peur mais à ordonner la pensée.

Le film appartient ainsi à une vague de remakes de classiques de l’épouvante des années 1970, sortis au milieu des années 2000. Il permet surtout de mesurer, par comparaison, ce qui faisait la force de l’original : une mise en scène qui laissait au doute toute sa place.

Fiche technique

  • Titre original : The Omen
  • Année : 2006
  • Pays : États-Unis
  • Réalisation : John Moore
  • Scénario : David Seltzer
  • Interprètes : Liev Schreiber, Julia Stiles, Seamus Davey-Fitzpatrick, Mia Farrow, David Thewlis, Pete Postlethwaite, Michael Gambon
  • Genre : Épouvante, fantastique

Voir aussi dans le glossaire : Symboles détournés, Nombres, Rituel.

Pour aller plus loin sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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