Grande Loge nationale régulière de la principauté de Monaco
Histoire
La Grande Loge nationale régulière de la principauté de Monaco (GLNRPM) voit ses statuts publiés au Journal de Monaco le 30 janvier 2009, après que la principauté a longtemps interdit l'installation de loges sur son territoire [1]. L'obédience est portée par trois résidents monégasques initiés en France à la GLNF : Jean-Pierre Pastor, consul de Monaco à Cuba, Claude Boisson, ancien vice-président du Conseil national, et Franck Nicolas, ancien équipier de bobsleigh du prince Albert [1]. Jean-Pierre Pastor en devient le Grand Maître dès mars 2009 [1].
La consécration formelle a lieu le 19 février 2011, par des loges venues de trois obédiences régulières d'Angleterre, d'Allemagne et de France [1]. La presse maçonnique francophone évoque dès l'origine une volonté de reconnaissance par la Grande Loge unie d'Angleterre [2]. En 2013, l'obédience comptait environ 240 membres, dont une centaine de nationalité monégasque [3].
Sa constitution sépare explicitement les sphères maçonnique et politique, et interdit à ses membres de visiter des loges non reconnues [3]. Avant 2009, les francs-maçons monégasques se réunissaient dans des temples français situés à Nice, Menton, Antibes, Cannes et Beausoleil [1].
Fondation et schismes
La GLNRPM se constitue comme loge-fille de la Grande Loge nationale française, qui fournit l'ossature rituelle et la filiation des trois fondateurs monégasques [1]. La publication des statuts au Journal de Monaco le 30 janvier 2009 met fin à un interdit historique sur l'implantation d'ateliers en principauté, les francs-maçons monégasques devant jusque-là se rendre à Nice, Menton, Antibes, Cannes ou Beausoleil pour tenir tenue [1]. La consécration formelle du 19 février 2011, avec le concours de loges anglaises, allemandes et françaises, vaut acte fondateur sur le plan régulier international [1]. Aucune scission interne n'est documentée par les sources consultées, mais le Grand Maître Jean-Pierre Pastor a reconnu le départ d'une quarantaine de membres dans les deux premières années pour incompatibilité avec les valeurs maçonniques affichées [3].
Positions doctrinales
La GLNRPM se revendique d'une maçonnerie régulière articulée autour du Grand Architecte de l'Univers, ce que l'archevêché de Monaco lui-même relève en opposant la formule à la Trinité chrétienne [3]. Sa constitution sépare strictement la sphère maçonnique de la sphère politique et interdit à ses membres de visiter des loges non reconnues [3]. L'obédience est exclusivement masculine et n'autorise aucune loge féminine sous son autorité [3]. Les fondateurs ont publiquement soutenu la compatibilité entre franc-maçonnerie et christianisme, malgré la position contraire du vicariat archiépiscopal monégasque qui rappelle la déclaration vaticane de 1983 [1]. Le Grand Maître Pastor résume cette ligne en parlant d'une maçonnerie éthique qui ne se mêle pas des affaires, présentée comme de la maçonnerie normale [3].
Rites pratiqués
Les sources consultées ne précisent pas le détail des rites travaillés par les ateliers de la GLNRPM [information manquante] La filiation directe avec la GLNF et la consécration par des loges anglaises et allemandes situent toutefois l'obédience dans la mouvance des rites pratiqués par les grandes loges régulières, typiquement le Rite Emulation et le Rite écossais ancien et accepté, sans confirmation publique pour Monaco [1].
Relations internationales
La GLNRPM a été consacrée le 19 février 2011 par des loges venues de trois obédiences régulières britannique, allemande et française, ce qui lui a ouvert d'emblée un statut international [1]. Monaco Hebdo rapporte que l'obédience réunit pour ses travaux des frères allemands, l'American Canadian Grand Lodge, la Grande Loge unie d'Angleterre et trois loges monégasques [3]. L'obédience s'est portée candidate à l'organisation de la Conférence mondiale des Grandes Loges régulières en 2021, événement qui rassemble l'ensemble des grandes loges reconnues [3]. La presse maçonnique évoque, dès l'origine, une volonté affichée d'obtenir la reconnaissance pleine de la Grande Loge unie d'Angleterre [2]. Environ 80 % des membres de la GLNRPM proviennent historiquement de la GLNF, dont l'UGLE avait suspendu la reconnaissance à la suite du scandale Stifani [3].
Controverses notables
L'apparition publique de la GLNRPM en 2009 a provoqué une réaction du vicariat archiépiscopal de Monaco, qui a rappelé l'article 9 de la Constitution monégasque faisant du catholicisme la religion d'État et la déclaration vaticane de 1983 interdisant aux fidèles l'adhésion à une association maçonnique [1]. Mgr Barsi a qualifié la double appartenance de péché grave excluant l'accès à la communion [3]. La même année, le Grand Maître de la GLNF François Stifani aurait sollicité le prince Albert II pour qu'il prenne la tête de la loge monégasque par une initiation secrète, démarche ensuite retirée et largement relayée comme un faux pas [3]. Claude Boisson, l'un des trois fondateurs, a démissionné de la vice-présidence de l'obédience lors de sa campagne électorale de 2013 et a été remplacé par Guy-Philippe Ferreyrolles, membre de l'Ordre du Saint-Sépulcre [3].
Questions fréquentes
La GLNRPM est-elle mixte ? Non, l'obédience est exclusivement masculine et n'autorise aucune loge féminine sous son autorité [3].
Travaille-t-elle à la gloire du Grand Architecte de l'Univers ? Oui, son cadre doctrinal s'appuie sur la référence au Grand Architecte de l'Univers, ce que l'archevêché monégasque pointe explicitement [3].
Combien compte-t-elle de membres ? Environ 240 membres en 2013, dont une centaine de nationalité monégasque, chiffre porté à environ 280 selon un entretien ultérieur du Grand Maître [3].
Est-elle reconnue à l'international ? Elle a été consacrée en 2011 par des loges anglaises, allemandes et françaises et participe aux travaux de la Conférence mondiale des Grandes Loges régulières [1] [3].
Ses membres peuvent-ils visiter d'autres obédiences ? Non, sa constitution interdit à ses membres de visiter des loges non reconnues [3].