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Grand Orient de Hongrie

Histoire

Le Grand Orient de Hongrie obtient sa patente du Grand Orient de France et travaille selon le Rite écossais ancien et accepté. Il prend racine dans la maçonnerie hongroise réactivée après le compromis austro-hongrois de 1867, période durant laquelle la franc-maçonnerie est de nouveau autorisée dans la partie hongroise de l'Empire. L'obédience est fondée vers 1871 puis refondée vers 1992 après la chute du régime communiste.

Elle s'inscrit dans la tradition libérale d'orientation française et regrouperait environ 200 à 300 membres répartis dans neuf loges. C'est la deuxième plus importante des grandes loges masculines hongroises contemporaines.

Fondation et schismes

La loge Mátyás Corvin, travaillant au Rite écossais, reçoit sa patente du Grand Orient de France en 1871, ce qui ouvre la voie à la fondation du Grand Orient de Hongrie lui-même [1]. La maçonnerie hongroise renaît dans la foulée du compromis austro-hongrois de 1867, portée notamment par des émigrés revenus d'Europe occidentale après l'échec de la révolution de 1848 [2]. L'obédience est ensuite interdite à plusieurs reprises au XXe siècle, d'abord par les communistes en 1919, puis de nouveau cinq ans après une brève renaissance en 1945 [1].

Après 39 ans de clandestinité, la maçonnerie hongroise se réorganise à partir de 1984 [1]. En 1989, sept loges refusent les conditions posées par les obédiences anglaises à la Grande Loge symbolique de Hongrie reconstituée, créent la « Loge universelle » et donnent ainsi naissance au Grand Orient de Hongrie contemporain (MNOP) [1]. L'obédience est formellement rétablie le 12 août 1991 par la fusion de plusieurs loges actives, dont Universum, Leonardo da Vinci et Humanitas [2]. Cette scission de 1989 avec la Grande Loge symbolique de Hongrie demeure la ligne de fracture structurante du espace obédientiel hongrois actuel [1].

Positions doctrinales

Le Grand Orient de Hongrie s'inscrit dans la tradition libérale d'orientation française, héritée de sa patente de 1871 délivrée par le Grand Orient de France. Son refus, en 1989, des conditions posées par les obédiences anglaises pour rompre avec les obédiences latines confirme cet ancrage adogmatique [1]. L'obédience adopte une position ambiguë sur l'admission des femmes : elle ne les initie pas dans ses propres loges, mais ses membres peuvent participer individuellement à des loges féminines ou mixtes extérieures, et certaines tenues rituelles peuvent accueillir des sœurs avec l'accord du Conseil de l'Ordre. Les frères peuvent aussi appartenir simultanément à d'autres organisations comme Le Droit humain. L'obédience reconnaît les membres des loges féminines et mixtes « comme francs-maçons » et les associe à des travaux rituels communs, tout en réservant certaines tenues.

Rites pratiqués

Le Grand Orient de Hongrie travaille principalement au Rite écossais ancien et accepté, hérité de la loge fondatrice Mátyás Corvin patentée par le Grand Orient de France en 1871[1]. Des travaux au Rite français sont également pratiqués au sein de l'obédience [2]. La loge francophone Ferenc Rákóczi II, à Budapest, illustre cette ouverture aux ateliers de langue et de tradition françaises [1].

Relations internationales

Le Grand Orient de Hongrie entretient des relations privilégiées avec les obédiences libérales d'Europe occidentale, en cohérence avec sa patente d'origine du Grand Orient de France. Il est reconnu par la Grande Loge de France et par le Grand Orient de France [1]. En juin 1993, l'obédience signe des accords avec le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, le Grand Orient de Belgique et la Grande Loge de Belgique, qui lui assurent des bases stables [2]. Le Grand Orient de Hongrie est également membre des Associations adogmatiques d'Europe centrale et orientale (AAECE). Il n'est en revanche pas reconnu par les obédiences dites régulières de tradition anglaise, qui maintiennent leur reconnaissance exclusive à la Grande Loge symbolique de Hongrie [1].

Controverses notables

La principale controverse documentée concerne la rupture de 1989 avec la Grande Loge symbolique de Hongrie reconstituée [1]. Sept loges jugent « inacceptables » les conditions posées par les obédiences anglaises, qui exigeaient une rupture avec les obédiences latines, et choisissent de se constituer en obédience distincte plutôt que de s'y soumettre [1][2]. Cette scission cristallise durablement la fracture entre maçonnerie libérale et maçonnerie régulière en Hongrie, chaque branche conservant ses reconnaissances internationales propres [1].

Questions fréquentes

Le Grand Orient de Hongrie est-il mixte ? Non, l'obédience n'initie pas de femmes dans ses propres loges, mais ses membres peuvent participer individuellement à des loges féminines ou mixtes extérieures.

Quel rite y est pratiqué ? Principalement le Rite écossais ancien et accepté, hérité de la patente accordée en 1871 par le Grand Orient de France, avec également des travaux au Rite français[2].

Combien de loges et de membres compte-t-elle ? Les estimations situent l'obédience autour de huit à neuf loges et de 120 à 300 membres selon les sources et les périodes[1][2].

Est-elle reconnue par la maçonnerie « régulière » ? Non, elle relève de la tradition libérale et n'est pas reconnue par les obédiences de filiation anglaise, qui reconnaissent la Grande Loge symbolique de Hongrie [1].

Quelles sont ses principales reconnaissances internationales ? Elle est reconnue notamment par le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, le Grand Orient de Belgique et la Grande Loge de Belgique, à la suite des accords de juin 1993 [2].

Sources

  1. Brève histoire de la Franc-Maçonnerie en Hongrie, R:.L:. François Rákóczi II consulté le 2026-06-05
  2. Renaissance de la maçonnerie en Hongrie, Humanisme 2008/1, Cairn.info consulté le 2026-06-05