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Grand Orient de Belgique

Histoire

Le Grand Orient de Belgique (GOB) est constitué le 23 février 1833, lorsque la Grande Loge d'administration des Pays-Bas méridionaux se transforme en obédience indépendante à la suite du rejet de l'autorité néerlandaise. Goswin de Stassart, premier Grand Maître entre 1835 et 1842, est considéré comme son fondateur. En 1854, l'obédience abolit l'article interdisant les discussions politiques et religieuses en loge, s'écartant ainsi des standards de la maçonnerie « régulière ».

En 1872, le GOB retire de ses statuts la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers, ce qui acte son passage à un statut adogmatique. Un schisme en 1959 voit cinq loges symbolistes quitter le GOB pour fonder la Grande Loge de Belgique, reconnue ultérieurement comme « régulière » par la Grande Loge unie d'Angleterre. La majorité des loges du GOB pratiquent le Rite français moderne et le Rite écossais ancien et accepté aux trois premiers degrés.

En 2012, ses 110 loges étaient réparties entre la Flandre (29), Bruxelles (34), la Wallonie (46) et une au Burundi. Le 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire approuve à 70 % une modification structurelle autorisant la coexistence de fédérations de loges masculines, mixtes et féminines au sein de l'obédience. En mars 2020, le GOB compte environ 10 000 membres répartis dans 118 loges.

Patrick Cauwert en exerce la grande maîtrise depuis 2024. Son siège est situé au 75 rue de Laeken à Bruxelles, où l'obédience se présente comme défendant « la liberté de conscience, la laïcité, la solidarité » [1].

Fondation et schismes

Le Grand Orient de Belgique naît le 23 février 1833 lorsque la Grande Loge d'administration des Pays-Bas méridionaux, séparée de l'autorité néerlandaise après la révolution belge de 1830, se reconstitue en obédience souveraine. Goswin de Stassart en devient premier Grand Maître de 1835 à 1842 et reste considéré comme le fondateur historique de l'obédience. Le tournant adogmatique se joue en deux temps : en 1854 l'obédience lève l'interdit des débats politiques et religieux en loge, puis en 1872 elle supprime de ses statuts la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers.

Le schisme majeur survient en 1959 quand cinq loges symbolistes quittent le GOB pour fonder la Grande Loge de Belgique. Vingt ans plus tard, en 1979, neuf loges de cette GLB se détachent à leur tour pour créer la Grande Loge régulière de Belgique, seule obédience belge ensuite reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre. Une recomposition interne intervient le 16 février 2020, lorsqu'une assemblée générale extraordinaire approuve à 70 % la coexistence, sous une même obédience, de fédérations de loges masculines, mixtes et féminines.

Positions doctrinales

Le GOB se présente comme une obédience libérale et adogmatique : depuis 1872, aucune référence au Grand Architecte de l'Univers n'est imposée dans ses rituels ni dans ses statuts. L'obédience affirme sur son site officiel qu'aucun dogme religieux ou politique n'est imposé à ses membres [1]. Elle déclare défendre la liberté de conscience, la laïcité, la solidarité, le partage, l'égalité entre les femmes et les hommes, la tolérance et le respect des différences [1]. Depuis la réforme structurelle du 16 février 2020, le GOB admet pleinement les femmes via des fédérations masculines, mixtes et féminines, et désigne ses membres comme « Franc-Maçon ou Franc-Maçonne »[1]. Cette orientation laïque et adogmatique la place hors du périmètre de la maçonnerie dite régulière au sens de la Grande Loge unie d'Angleterre.

Rites pratiqués

La majorité des loges du GOB travaillent au Rite français moderne, considéré comme le rite historique de l'obédience. Le Rite écossais ancien et accepté y est également pratiqué, principalement aux trois premiers degrés et de manière minoritaire par rapport au Rite français. L'obédience ne pratique pas un rite unique et fonctionne donc selon un répertoire multi-rites limité, dominé par ces deux familles rituelles.

Relations internationales

Le GOB est l'un des membres fondateurs du CLIPSAS en 1961, aux côtés du Grand Orient de France et de plusieurs autres obédiences libérales européennes. De 1961 à 1990, la présidence du CLIPSAS a été assurée exclusivement par des représentants du Grand Orient de Belgique, qui a structuré l'organisation pendant ses premières décennies. Le GOB quitte le CLIPSAS en 1996, en même temps que le Grand Orient de France, à la suite de divergences sur la place de la croyance, puis y revient en 2008. L'obédience n'est pas reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre ni par les obédiences dites régulières, cette reconnaissance étant en Belgique réservée à la Grande Loge régulière de Belgique. Elle entretient en revanche des relations fraternelles avec d'autres obédiences libérales et adogmatiques en Europe.

Controverses notables

Le schisme de 1959, qui voit cinq loges symbolistes quitter le GOB pour fonder la Grande Loge de Belgique sur la question du Grand Architecte de l'Univers et de la régularité, constitue la rupture publique la plus documentée de l'obédience. La sortie commune du CLIPSAS en 1996, partagée avec le Grand Orient de France au sujet de la place de la croyance religieuse, a également été un point de friction internationale avant le retour du GOB en 2008. Au-delà de ces deux épisodes, les sources consultées ne documentent pas de scandales judiciaires ou d'exclusions publiques majeures spécifiques au GOB [information manquante]

Questions fréquentes

Le Grand Orient de Belgique est-il mixte ? Depuis la réforme du 16 février 2020, le GOB regroupe sous une même obédience des fédérations de loges masculines, mixtes et féminines, et accueille pleinement les femmes comme les hommes[1].

Le GOB est-il reconnu comme « régulier » par la Grande Loge unie d'Angleterre ? Non, la reconnaissance britannique en Belgique est réservée à la Grande Loge régulière de Belgique née d'une scission de 1979, le GOB étant une obédience libérale et adogmatique.

Quels rites y pratique-t-on ? Les loges du GOB travaillent majoritairement au Rite français moderne, avec également le Rite écossais ancien et accepté aux trois premiers degrés.

Combien compte-t-il de membres et de loges ? En mars 2020, le GOB déclarait environ 10 000 membres répartis dans 118 loges, en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie et au Burundi.

Le GOB impose-t-il une croyance en Dieu ? Non, l'obédience a supprimé en 1872 la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers et affirme qu'aucun dogme religieux ou politique n'est imposé à ses membres[1].

Sources

  1. Grand Orient de Belgique, site officiel consulté le 2026-06-01