Ancien temple maçonnique de Washington (Temple maçonnique)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

À l’angle de New York Avenue et de H Street, au cœur de Washington, l’ancien temple maçonnique est un imposant édifice de style néo-Renaissance achevé en 1908 d’après les plans de l’architecte Waddy B. Wood. Siège de la Grande Loge du District de Columbia, il traduisait l’ambition du mouvement City Beautiful d’embellir la capitale fédérale. Mis en vente par les francs-maçons en 1983 et sauvé de justesse de la démolition, il abrite depuis 1987 le National Museum of Women in the Arts, premier musée au monde voué exclusivement aux femmes artistes.

Lieu : 1250 New York Avenue NW, Washington, D.C., États-Unis
Construction : achevé en 1908
Architecte : Waddy B. Wood
Protection : National Register of Historic Places

Un nouveau siège pour la Grande Loge du District de Columbia

Ancien temple maçonnique de Washington
Source : Wikimedia Commons – AgnosticPreachersKid at en.wikipedia – CC BY-SA 3.0

À la fin du XIXe siècle, la franc-maçonnerie de la capitale fédérale se réunit dans un premier temple construit en 1870 à l’angle de la 9e Rue et de F Street, bâtiment toujours debout au début des années 2010. Devenu trop étroit pour une maçonnerie en pleine croissance, il est appelé à être remplacé. En 1899, la Grande Loge acquiert pour 115 000 dollars un terrain connu sous le nom de Seven Oaks, à l’angle de New York Avenue et de H Street.

Le projet est confié à l’architecte Waddy B. Wood, figure de l’architecture de Washington au début du XXe siècle, dont on retient aussi le soutien qu’il apporta, de son vivant, aux femmes architectes. Le bâtiment principal est achevé en 1908. Il devient le siège de la Grande Loge du District de Columbia, l’autorité qui fédère les loges symboliques de la ville.

Un palais néo-Renaissance au service de la loge

L’édifice relève du style néo-Renaissance et s’inscrit dans le mouvement City Beautiful, qui entendait doter les villes américaines d’une architecture monumentale et ordonnée, inspirée des modèles classiques. Avec une surface d’environ 7 300 mètres carrés, il compte parmi les grands bâtiments maçonniques de la capitale.

Sa distribution intérieure répondait à une logique à la fois rituelle et économique, fréquente dans les temples américains de cette époque : les étages supérieurs étaient réservés aux travaux maçonniques et aux salles de loge, les étages intermédiaires étaient loués comme bureaux, tandis qu’un auditorium au rez-de-chaussée, ouvert à la location, devait procurer des revenus réguliers à l’institution.

De la salle de spectacle au cinéma

Cet auditorium connaît une seconde vie au fil du XXe siècle. Après une rénovation, il commence à projeter des films muets en 1916. De 1941 à 1983, il fonctionne comme une salle de cinéma ouverte au public, tandis que les francs-maçons poursuivent leurs travaux dans les étages.

Sauvé de la démolition

Ancien temple maçonnique de Washington
Source : Wikimedia Commons – DC Public Library Commons – No restrictions

Au début des années 1980, l’ancien temple est menacé de destruction. L’association locale Don’t Tear It Down, vouée à la sauvegarde du patrimoine bâti de Washington, intervient pour demander sa préservation. En 1983, les francs-maçons mettent le bâtiment en vente ; il est acquis la même année par le National Museum of Women in the Arts, alors dirigé par sa première directrice, Anne-Imelda Radice.

Le musée avait été constitué en 1981 par Wilhelmina et Wallace Holladay, collectionneurs frappés de constater l’absence presque totale des femmes peintres dans les manuels d’histoire de l’art. L’intérieur est profondément réaménagé, l’ancien auditorium devenant un espace d’événements, et le musée ouvre ses portes le 7 avril 1987 avec l’exposition American Women Artists, 1830–1930.

Un musée dans les murs d’un temple

Le bâtiment est inscrit au National Register of Historic Places. En 1997, le musée l’agrandit avec l’aile Elisabeth A. Kasser, aménagée sur une parcelle voisine de New York Avenue. Fermé en août 2021, l’ensemble fait l’objet d’une vaste rénovation conçue par le cabinet Sandra Vicchio & Associates, qui accroît les surfaces d’exposition et crée un centre d’apprentissage ; il rouvre le 21 octobre 2023.

Les collections, qui couvrent les œuvres de femmes artistes du XVIe siècle à nos jours, comprennent notamment des pièces de Mary Cassatt, Élisabeth Vigée Le Brun, Rosa Bonheur ou Camille Claudel, ainsi que l’Autoportrait dédié à Léon Trotski de Frida Kahlo, seule toile de l’artiste mexicaine conservée à Washington.

Repères

  • Achèvement : 1908
  • Architecte : Waddy B. Wood
  • Style : néo-Renaissance (mouvement City Beautiful)
  • Adresse : 1250 New York Avenue NW, Washington, D.C.
  • Obédience d’origine : Grande Loge du District de Columbia
  • Protection : inscrit au National Register of Historic Places
  • Usage actuel : National Museum of Women in the Arts (depuis 1987)

Le saviez-vous ?

L’aventure du musée est née d’une nature morte flamande du XVIIe siècle signée Clara Peeters, découverte en Europe par les Holladay : ne trouvant aucune mention de cette peintre dans les ouvrages de référence, ils décidèrent de collectionner les œuvres de femmes, jusqu’à installer leur musée dans un ancien temple maçonnique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce bâtiment.

Voir aussi dans le glossaire : Temple, Grande Loge, Loge Mère, Unesco et patrimoine maçonnique (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES