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Le 23 juin 2002, le convent de la Grande Loge de France reconduit le philosophe Michel Barat dans ses fonctions de Grand Maître, avec une très large majorité selon la chronologie Kronobase. Agrégé et docteur d’État en philosophie, déjà Grand Maître de 1990 à 1993, il avait retrouvé la tête de l’obédience écossaise en 2001. Ce second passage, qui s’achève en 2003, est celui d’un intellectuel attaché au dialogue entre obédiences, auteur d’un essai au titre explicite, Les Promesses de l’aube : contre la guerre des obédiences, avant une carrière de recteur.
Date : 23 juin 2002
Lieu : Paris, France
La Grande Loge de France au tournant du siècle

Constituée en 1894, la Grande Loge de France est l’obédience française du Rite Écossais Ancien et Accepté. Masculine, elle travaille « à la gloire du Grand Architecte de l’Univers » tout en laissant à ses membres la liberté d’interpréter ce symbole. Elle compte en 2002 près de 25 000 frères, contre environ 42 000 au Grand Orient de France, selon une étude publiée en 2004, ce qui en fait l’une des trois grandes obédiences masculines françaises avec la Grande Loge Nationale Française.
Son Grand Maître est élu par le convent, assemblée annuelle des députés des loges réunie en juin, ce qui explique que les mandats se renouvellent d’année en année.
Michel Barat, un philosophe de l’éducation
Né le 29 mars 1947, Michel Barat est agrégé de philosophie et docteur d’État ès lettres. Il commence sa carrière dans l’enseignement secondaire en 1971, puis dirige les études et devient directeur adjoint du Centre national de formation des professeurs de Montlignon de 1981 à 1993. De 1993 à 2000, il est directeur général du pôle universitaire Léonard de Vinci, puis enseigne à l’université Paris-Sorbonne de 2000 à 2002.
Deux grandes maîtrises
Michel Barat est une première fois Grand Maître de 1990 à 1993, entre Guy Piau et Jean-Louis Mandinaud. Il revient à la tête de l’obédience en 2001, succédant à Jean-Claude Bousquet. Le convent du 23 juin 2002 le réélit pour un nouvel exercice ; la chronologie Kronobase indique un score de 91 % des voix, chiffre non confirmé par les autres sources consultées.
Ce retour d’un ancien Grand Maître témoigne de la confiance des députés envers une personnalité reconnue, au moment où la maçonnerie française s’interroge sur ses relations entre obédiences et sur sa place dans le débat public.
Contre la guerre des obédiences
La pensée maçonnique de Michel Barat est marquée par le souci du dialogue entre obédiences, que résume le titre de l’un de ses livres, Les Promesses de l’aube : contre la guerre des obédiences. Philosophe, il publie aussi La Conversion du regard, La Fin des Lumières, La Recherche de la vérité ou Entre réalité et vérité, recueil de méditations philosophiques.
Après la grande maîtrise
En 2003, il cède la grande maîtrise à Yves-Max Viton et devient vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie. Il est ensuite nommé recteur de l’académie de Corse, chancelier des universités à partir du 30 janvier 2008. Son parcours illustre la présence, à la tête de la Grande Loge de France, de figures issues du monde de l’enseignement et de la recherche.
Repères chronologiques
- 1894 : constitution de la Grande Loge de France.
- 29 mars 1947 : naissance de Michel Barat.
- 1990-1993 : première grande maîtrise.
- 2001 : retour à la grande maîtrise, après Jean-Claude Bousquet.
- 23 juin 2002 : réélection par le convent.
- 2003 : Yves-Max Viton lui succède ; Michel Barat devient vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie.
- 2008 : recteur de l’académie de Corse.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Musée de la Grande Loge de France (Musée maçonnique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Convent, Obédience, Yves-Max Viton (Auteur).

