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Le 1er décembre 2001, Jean-Charles Foellner est élu Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française et succède à Claude Charbonniaud, en poste depuis 1992. Ancien Grand Maître provincial de la Côte d’Azur, il a été chargé un an plus tôt de l’« opération mains propres » lancée par l’obédience après plusieurs affaires judiciaires à Nice. Quelques jours avant son élection, il renoue avec le Grand Orient de France. Sa grande maîtrise, qui dure jusqu’en 2007, vise à restaurer l’image d’une obédience devenue l’une des plus nombreuses de France.
Date : 1er décembre 2001
Lieu : Paris, France
Une obédience à l’image ternie

À la fin des années 1990, la GLNF a connu une croissance spectaculaire, avec environ 27 000 membres vers 2000. Mais plusieurs affaires ont mis en cause certains de ses membres, en particulier dans les Alpes-Maritimes. En octobre 1999, le procureur de Nice, Éric de Montgolfier, dénonce publiquement l’influence de réseaux maçonniques sur la justice ; en novembre 2000, la consultation illicite du fichier policier STIC au profit de candidats à l’initiation fait scandale.
L’homme de la Côte d’Azur
Jean-Charles Foellner est issu de la province maçonnique de la Côte d’Azur, dont il est Grand Maître provincial à partir de 1982, selon l’association Survie. Membre de la loge Laurent le Magnifique, il fonde en 1986 la loge Bartholdi, à vocation internationale, dont il est le vénérable. Ces fonctions lui donnent une connaissance précise d’une région où la GLNF est devenue la deuxième obédience locale.
L’« opération mains propres »
Le 15 décembre 2000, à Juan-les-Pins, Jean-Charles Foellner annonce l’opération de remise en ordre que lui confie l’obédience, selon les archives de l’Institut national de l’audiovisuel. Il s’agit d’écarter les membres compromis et de rétablir la réputation de la GLNF. En février 2003, il revendiquera le départ de 350 membres.
Le rapprochement avec le Grand Orient

Le 29 novembre 2001, deux jours avant son élection, Foellner rencontre Alain Bauer, Grand Maître du Grand Orient de France, accompagné de Claude Charbonniaud. Cette rencontre permet de rétablir des relations entre les deux obédiences, qui décident de se reconnaître mutuellement la validité de leurs initiations. Le geste est notable : en 1998, le Grand Orient avait interdit à la GLNF l’usage de ses temples dans les Alpes-Maritimes.
L’élection du 1er décembre 2001
Le 1er décembre 2001, Jean-Charles Foellner est élu Grand Maître. Claude Charbonniaud devient Grand Maître honoraire. Le nouveau Grand Maître hérite d’une obédience de près de 30 000 membres, dotée d’un budget important, d’un siège administratif boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine et d’un Grand Temple rue Christine-de-Pisan à Paris. Les premières années de son mandat voient toutefois des départs : une partie des frères du Rite Écossais Rectifié fait scission en 2002 et des dissidents fondent fin 2003 la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité.
Postérité
Jean-Charles Foellner dirige la GLNF jusqu’en 2007, date à laquelle François Stifani lui succède. La crise de gouvernance qui secoue l’obédience sous ce dernier, entre 2010 et 2012, aboutit à une administration judiciaire, au retrait temporaire de la reconnaissance anglaise et à la création de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française en 2012.
Repères chronologiques
- 1982 : Jean-Charles Foellner Grand Maître provincial de la Côte d’Azur.
- Octobre 1999 : le procureur de Nice dénonce des réseaux maçonniques.
- 15 décembre 2000 : annonce de l’« opération mains propres ».
- 29 novembre 2001 : rencontre avec Alain Bauer, Grand Maître du GODF.
- 1er décembre 2001 : élection de Jean-Charles Foellner.
- 2007 : François Stifani lui succède.
- 2010-2012 : crise de la GLNF.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Musée-bibliothèque de la Grande Loge Nationale Française (Musée maçonnique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Patente du marquis de Gages, Grand Maître provincial des Pays-Bas autrichiens, 22 janvier 1770 (date historique), Alain Bauer (Auteur).

