Première loge maçonnique de Lausanne, 2 février 1739 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1739, des étrangers installés à Lausanne, principalement des Anglais, fondent la première loge maçonnique de la ville, connue sous le nom de La Parfaite Union des Étrangers. Une ancienne liste anglaise des loges régulières la signale comme se réunissant dans une salle privée de Lausanne à partir du 2 février 1739. Le Pays de Vaud est alors sujet de Berne, dont le gouvernement se montrera vite hostile. Cette fondation marque l’entrée de la maçonnerie en Suisse romande hors de Genève et ouvre une histoire vaudoise riche, malgré interdictions et mises en sommeil.

Date : 2 février 1739
Lieu : Lausanne, Suisse

La Suisse découvre la maçonnerie

Première loge maçonnique de Lausanne, 2 février 1739
Source : Wikimedia Commons – Rijksmuseum – CC0

La maçonnerie arrive en Suisse par Genève : en 1737, Lord George Hamilton, muni d’une députation du Grand Maître anglais Lord Darnley, y établit une Grande Loge provinciale et la loge du Parfait Contentement. Les magistrats genevois suppriment les loges dès 1738. Lausanne suit de près, à l’initiative d’étrangers séduits par la ville, son académie et la société cosmopolite qu’elle attire.

Une loge d’étrangers

La loge lausannoise est composée principalement d’Anglais, ce que reflète son nom, La Parfaite Union des Étrangers (aussi appelée L’Union Parfaite des Étrangers). Une ancienne liste des loges régulières de la Grande Loge de Londres la décrit comme se réunissant dans une salle privée de Lausanne le 2 février 1739. Le Dictionnaire historique de la Suisse situe la fondation de cette première loge vaudoise en 1739-1740, sans en nommer les fondateurs.

Une patente anglaise discutée

La tradition attribue la patente au duc de Montagu, mais l’Encyclopedia Masonica y voit une erreur : la loge aurait plus vraisemblablement été constituée par le marquis de Carnarvon, Grand Maître d’Angleterre d’avril 1738 à mai 1739. La date exacte de constitution et l’identité des premiers membres restent donc incertaines, ce qui est fréquent pour les loges de cette époque.

Le Pays de Vaud sous Berne

Depuis 1536, le Pays de Vaud est sujet de Berne. Les autorités bernoises voient d’un mauvais œil des associations secrètes qui échappent à leur contrôle. Elles ordonnent en 1743 la fermeture des loges, ordre peu suivi, puis publient le 3 mars 1745 un édit plus sévère qui supprime et interdit la société des francs-maçons sur tout le territoire bernois. Le Dictionnaire historique de la Suisse note que cette interdiction n’empêche pas durablement la vie maçonnique vaudoise.

Une vie maçonnique vaudoise tenace

Première loge maçonnique de Lausanne, 2 février 1739
Source : Wikimedia Commons – Olivier Bruchez from Lausanne, Switzerland – CC BY-SA 2.0

D’autres loges apparaissent dans le Pays de Vaud : Bex (1760), Montreux (1783), Morges (1786), Vevey (1790), Aubonne (1798). Après le départ du bailli Tscharner en 1776, les maçons de Lausanne et de Zurich s’entendent pour créer des Directoires helvétiques romand et allemand. Berne renouvelle son interdiction en 1782 et les loges se mettent en sommeil, sans que les liens entre frères disparaissent.

Postérité

Au XIXe siècle, la maçonnerie suisse s’unifie avec la fondation de la Grande Loge Suisse Alpina en 1844. Lausanne accueille en 1875 un célèbre convent international des Suprêmes Conseils du Rite écossais ancien et accepté. La loge de 1739 reste le point de départ de cette histoire vaudoise.

Repères chronologiques

  • 1737 : Lord George Hamilton établit la maçonnerie à Genève.
  • 1738 : suppression des loges genevoises par les magistrats.
  • 2 février 1739 : première mention de la loge de Lausanne.
  • 1743 : ordre bernois de fermeture des loges.
  • 3 mars 1745 : édit bernois interdisant la franc-maçonnerie.
  • 1782 : nouvelle interdiction bernoise.
  • 1844 : fondation de la Grande Loge Suisse Alpina.

Le saviez-vous ?

La plus ancienne loge suisse encore en activité n’est pas lausannoise mais genevoise : il s’agit de l’Union des Cœurs, fondée à Genève en 1768. L’année suivante, neuf loges genevoises créent la Grande Loge nationale de Genève, marquant un rapprochement avec la maçonnerie française.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maître de loge ou Maître en chaire, Patente.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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