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Né le 24 juillet 1893 à Coulommiers et mort le 23 janvier 1964 à Paris, Marc Rucart est un journaliste et homme politique radical français. Député des Vosges de 1928 à 1942, garde des Sceaux de Léon Blum puis ministre de la Santé publique, il vote contre les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, entre dans la Résistance et siège au Conseil national de la Résistance. Initié à la Grande Loge de France, il passe au Grand Orient puis au Droit humain.
Un journaliste radical

Fils d’un tailleur, Marc Rucart fait des études de droit et commence à dix-sept ans une carrière de journaliste. Il collabore à plusieurs journaux radicaux, Le Briard, Radical, La Lanterne, L’Aisne, fonde La Tribune des Républicains, puis dirige à partir de 1924 La République des Vosges à Épinal, ainsi que Le Progrès du Loiret.
Conférencier de la Ligue des droits de l’homme, il fonde et anime ses fédérations du Loiret, de l’Aisne et des Vosges. Membre du Parti radical, il est un opposant résolu au bagne. Il présidera l’association des rédacteurs en chef des journaux français.
Garde des Sceaux et ministre de la Santé
Élu député des Vosges en 1928, il conserve son siège jusqu’en 1942 et prend la tête du Front populaire dans le département en 1936. Il est garde des Sceaux dans les gouvernements Léon Blum, d’avril 1936 à juin 1937 puis de mars à avril 1938.
Ministre de la Santé publique de juin 1937 à mars 1940, dans les gouvernements Chautemps et Daladier, il crée l’inspection générale de la Santé publique et le Conseil national de la Croix-Rouge, et instaure les primes à la natalité.
De la Résistance au Conseil de la République

En 1940, il vote contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il fait partie du « Cercle », groupe de francs-maçons et de personnalités lié au mouvement Patriam Recuperare. Arrêté par les Allemands en janvier 1941 puis relâché, il gagne la zone libre, rejoint le mouvement Combat et siège au Conseil national de la Résistance au nom du Parti radical.
À l’Assemblée consultative provisoire, il préside la commission des Affaires étrangères. Il est ensuite conseiller de la République pour la Côte d’Ivoire en 1947, puis pour la Haute-Volta de 1948 à 1958. Il est titulaire de la médaille de la Résistance avec rosette et chevalier de la Légion d’honneur.
Un maçon de trois obédiences
Marc Rucart est initié à la Grande Loge de France, à Orléans, dans la loge L’Indépendance n° 398. En 1925, il rejoint le Grand Orient de France lors de son implantation dans les Vosges, puis s’affilie en 1929 au Droit humain, où se déroule l’essentiel de son activité maçonnique.
En 1937, Le Porc-épic publie une lettre dans laquelle il présente son mandat parlementaire comme un « outil supplémentaire pour le travail du Grand Œuvre » ; le texte, repris par plus de cent cinquante journaux, alimente la presse antimaçonnique de l’époque.
Un républicain maçon de la Résistance
Marc Rucart illustre la place des francs-maçons radicaux dans la vie politique de la Troisième République et dans la Résistance. Passé par la Grande Loge de France, le Grand Orient de France et le Droit humain, ministre du Front populaire puis membre du Conseil national de la Résistance, il incarne la fidélité aux idéaux républicains et maçonniques face à Vichy.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Marc Rucart.
Voir aussi dans le glossaire : Affiliation.

