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Né le 17 janvier 1745 en Bourgogne, à Bourgneuf-Val-d’Or, et mort le 30 septembre 1819 à Saint-Mandé, l’abbé Nicolas Roze est un compositeur et musicologue français. Maître de chapelle à l’église des Saints-Innocents à Paris, auteur d’un motet exécuté au sacre de Napoléon Ier, il est bibliothécaire du Conservatoire de 1807 à sa mort. Franc-maçon, il appartient à plusieurs loges parisiennes, dont la loge des Neuf Sœurs.
Un enfant de chœur bourguignon

Nicolas Roze étudie la musique comme enfant de chœur à la collégiale Notre-Dame de Beaune. Précoce, il compose avant douze ans un motet avec orchestre. Il fréquente ensuite le séminaire d’Autun et devient maître de musique à Beaune de 1767 à 1769.
Il présente une messe à Antoine Dauvergne, qui lui commande le motet Dixit insipiens, donné au Concert spirituel en 1769. La même année paraît sa première œuvre publiée, un quatuor pour flûte et cordes en do mineur.
Maître de chapelle et pédagogue
Après quelques années à la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, il devient en 1775 maître de chapelle à l’église des Saints-Innocents à Paris. En 1779, à la suite d’un conflit avec les autorités ecclésiastiques, il se consacre à l’enseignement. Il rédige la même année un système d’harmonie publié par Jean-Benjamin de La Borde.
Du sacre de Napoléon au Conservatoire
Son motet Vivat in æternum est exécuté lors du sacre de Napoléon Ier, sous la direction de Jean-François Lesueur. Il est nommé en 1807 bibliothécaire du Conservatoire, fonction qu’il occupe jusqu’à sa mort. En 1814, il cosigne avec François-Joseph Gossec et Étienne Ozi une méthode de serpent.
Un musicien dans quatre loges parisiennes
Nicolas Roze est franc-maçon. D’après le Musée virtuel de la musique maçonnique, cité par Wikipédia, il est mentionné comme membre des loges Les Cœurs Simples de l’Étoile Polaire (1778-1779), Saint Jean d’Écosse du Contrat social (1783), L’Olympique de la Parfaite Estime (1786) et des Neuf Sœurs (1806).
Son parcours croise ainsi deux hauts lieux de la sociabilité maçonnique et musicale parisienne : l’Olympique de la Parfaite Estime et la loge des Neuf Sœurs. Les sources consultées ne précisent pas ses fonctions dans ces ateliers.
Principales œuvres
- Dixit insipiens, motet, 1769
- Quatuor pour flûte et cordes en do mineur, 1769
- Système d’harmonie, 1779
- Vivat in æternum, motet pour le sacre de Napoléon Ier
- Méthode de serpent, avec Gossec et Ozi, 1814
Un musicien de la sociabilité maçonnique
Nicolas Roze illustre le rôle des musiciens dans la franc-maçonnerie parisienne de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Ecclésiastique et compositeur, il fréquente des loges où la musique tenait une place centrale, de la Parfaite Estime aux Neuf Sœurs, témoignant de la continuité entre la maçonnerie des Lumières et celle de l’Empire.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Nicolas Roze.
Voir aussi dans le glossaire : Rap, musiques populaires et imaginaire antimaçonnique (antimaçonnisme).

