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Née Maria Rengnet le 15 février 1844 à Honfleur et morte le 17 avril 1925 à Sydney, en Australie, Maria Pognon est une journaliste et oratrice française, socialiste et féministe. Présidente de la Ligue française pour les droits des femmes, elle dirige en 1896 le Congrès international de la condition et des droits de la femme. Elle compte parmi les premières femmes initiées dans la loge mixte fondée par Maria Deraismes, au sein du Droit humain.
De Honfleur à Paris

Fille d’un couvreur en ardoise de Honfleur, Maria Rengnet épouse Raymond Pognon en 1873 ; le couple a deux enfants, Mathilde et Raymond. Initiée au féminisme par sa sœur Myrtille, elle adhère en 1882 à la Ligue française pour les droits des femmes, fondée la même année par Maria Deraismes. Installée à Paris, elle y tient un hôtel meublé dans le 8e arrondissement.
Une oratrice du féminisme
En 1891, elle devient présidente de la Ligue. En 1896, elle préside le Congrès international de la condition et des droits de la femme ; Marguerite Durand, alors journaliste au Figaro, salue la logique de son discours et sa maîtrise des débats.
Elle collabore ensuite à La Fronde, le quotidien lancé par Marguerite Durand, où elle défend le principe « À travail égal, salaire égal ». En 1900, elle rejette l’étiquette de « féminisme bourgeois » ; en 1901, elle rejoint le Conseil national des femmes françaises. Elle siège aussi au conseil d’administration de la Société française d’arbitrage entre les nations.
Dans la première loge mixte

Maria Pognon est initiée dans la première loge mixte, créée par Maria Deraismes au sein de la Grande Loge symbolique écossaise « Le Droit humain », fondée en 1893. Absente le jour de la fondation, elle devait être reçue au grade d’apprentie par communication et prêter ses obligations ultérieurement ; sa réception aurait eu lieu en 1894. Les sources consultées ne lui attribuent pas de fonction maçonnique particulière.
Les années australes
Veuve, elle quitte en 1904 Paris et la direction de la Ligue pour rejoindre son fils en Nouvelle-Calédonie. En 1906, elle part pour l’Australie avec sa fille Mathilde, recrutée comme lectrice à l’université de Sydney. Elle s’y installe définitivement et y meurt en 1925. Son fils Raymond, conseiller général de Nouvelle-Calédonie, se ralliera à la France libre et sera fait compagnon de la Libération.
Une fondatrice de la maçonnerie mixte
Figure du féminisme républicain de la Belle Époque, Maria Pognon appartient au petit groupe de femmes qui, autour de Maria Deraismes, ont ouvert la voie à la franc-maçonnerie mixte en France. Son parcours illustre le lien étroit entre le combat pour les droits des femmes et la naissance du Droit humain.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Maria Pognon.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

