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Né le 13 janvier 1750 à Fort-Royal (Martinique) et mort le 28 janvier 1819 à Paris, Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry est un juriste, homme politique et historien français. Avocat au parlement de Paris, conseiller au Conseil supérieur de Saint-Domingue, député de la Martinique à la Constituante, exilé à Philadelphie puis administrateur des États de Parme, il fut membre de la loge des Neuf Sœurs et grand officier d’honneur du Grand Orient de France.
Un juriste créole entre Martinique et Saint-Domingue

Après des études à Paris, où il est reçu avocat au parlement en 1771, Moreau de Saint-Méry s’établit au Cap-Français, à Saint-Domingue, et obtient un poste au Conseil supérieur de la colonie. Il entreprend alors la collecte des lois et règlements coloniaux qui aboutira à ses Loix et constitutions des colonies françoises de l’Amérique sous le vent.
Un acteur de 1789
À Paris en 1789, il participe au comité colonial et au club de l’hôtel de Massiac, préside l’assemblée générale des électeurs parisiens et prend part aux journées de juillet. Député de la Martinique à l’Assemblée constituante, il y défend le maintien de l’esclavage et s’oppose à Julien Raimond, avant de rejoindre le club des Feuillants.
Ces positions esclavagistes, assumées par ce propriétaire créole, sont aujourd’hui un élément central de l’appréciation historique de son rôle.
Philadelphie, Parme et Paris
Réfugié aux États-Unis en 1794, il ouvre une librairie à Philadelphie, y édite Le Courrier de la France et des colonies et publie sa Description topographique et politique de la partie française de l’isle de Saint-Domingue, œuvre majeure pour l’histoire de la colonie.
Rentré en France en 1798, historiographe de la Marine et conseiller d’État, il devient administrateur général des États de Parme après leur annexion. Remplacé en 1806 à la suite de la révolte de Castel San Giovanni, il rentre ruiné à Paris.
Des Neuf Sœurs au Grand Orient
Franc-maçon en 1785, Moreau de Saint-Méry est membre de la célèbre loge parisienne des Neuf Sœurs. Il est aussi le premier secrétaire perpétuel élu du Musée de Paris, société savante fondée par Pilâtre de Rozier, dont il célèbre plus tard l’utilité dans un discours publié à Parme.
À Parme, il fonde en 1804 une loge, puis il est élevé en 1810 au rang de grand officier d’honneur du Grand Orient de France.
Principales œuvres
- Loix et constitutions des colonies françoises de l’Amérique sous le vent (6 tomes)
- Mémoire sur un nouvel équipage de chaudières à sucre pour les colonies, 1786
- Description topographique et politique de la partie française de l’isle de Saint-Domingue
- Description de la partie espagnole de l’isle Saint-Domingue
- Idée générale ou abrégé des sciences et des arts à l’usage de la jeunesse, 1796
- Discours sur l’utilité du musée établi à Paris, 1805
- De la danse
Un maçon des Lumières coloniales
Moreau de Saint-Méry relie la maçonnerie savante des Neuf Sœurs et du Musée de Paris à l’expansion du Grand Orient dans l’Europe napoléonienne. Son parcours rappelle aussi que la sociabilité maçonnique des Lumières a compté dans ses rangs d’ardents défenseurs du système colonial et esclavagiste, contradiction que l’historiographie maçonnique contemporaine examine sans complaisance.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry.
Voir aussi dans le glossaire : Lumières (trois).

