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Né à Paris en 1737 et mort à Lisbonne en 1803, Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Piney-Luxembourg, pair et premier baron chrétien de France, est un général et homme politique contre-révolutionnaire. Fondateur de la loge Saint-Jean de Montmorency-Luxembourg, il est élu administrateur général du naissant Grand Orient de France, dont il est le principal artisan sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d’Orléans.
Un grand seigneur d’Ancien Régime

Fils de Charles Anne Sigismond de Montmorency-Luxembourg et de Marie-Étiennette de Bullion-Fervacques, il porte successivement les titres de marquis de Royan, comte d’Olonne et duc de Châtillon-sur-Loing avant de devenir duc de Piney-Luxembourg, pair et premier baron chrétien de France.
Il épouse Madeleine Suzanne Adélaïde de Voyer de Paulmy d’Argenson, dame du palais de la reine en 1774. Colonel du régiment de Hainault en 1762, il est lieutenant général des armées du roi en 1784.
Le président de la noblesse en 1789
Élu aux États généraux par la noblesse du Bas-Poitou, il préside en juin 1789 l’ordre de la noblesse. Hostile aux positions de la noblesse libérale, il tente en vain de convaincre le roi d’agir.
Jugeant la monarchie perdue au lendemain du 14 juillet, il émigre en Angleterre, sert dans l’armée des princes puis se retire au Portugal, où il meurt en 1803 après avoir décliné plusieurs invitations à rentrer en France.
L’architecte du Grand Orient de France

Ayant reçu du comte de Clermont, grand maître des loges régulières du royaume, une patente pour fonder une loge, il crée la loge aristocratique « Saint-Jean de Montmorency-Luxembourg ».
Élu administrateur général du naissant Grand Orient de France, sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d’Orléans, peu impliqué dans l’obédience, il en est l’acteur principal, en particulier pour sa réforme administrative. Sous son administration se développent les loges d’adoption, qui accueillent des femmes sous la tutelle des loges masculines.
Une descendance européenne
Parmi ses enfants, Charles Emmanuel Sigismond devient onzième duc de Piney-Luxembourg, tandis que sa fille Marie Madeleine épouse à Lisbonne le duc de Cadaval, signe de l’enracinement portugais de la famille pendant l’émigration.
Le fondateur administratif de l’obédience
Dans l’histoire de la franc-maçonnerie française, le duc de Montmorency-Luxembourg occupe une place de premier plan : c’est à lui, bien plus qu’au grand maître en titre, que le Grand Orient de France doit son organisation initiale. Son parcours rappelle aussi que la maçonnerie des Lumières fut largement structurée par une haute noblesse qui, en 1789, se divisa face à la Révolution.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg.
Voir aussi dans le glossaire : Loge d’Adoption, Grand Maître.

