Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

François Étienne Christophe Kellermann, né le 28 mai 1735 à Strasbourg et mort en 1820 à Paris, fut le commandant de l’armée de la Moselle à Valmy en 1792, puis maréchal d’Empire, sénateur et duc de Valmy. Rallié à la Restauration, il devint pair de France. Franc-maçon reconnu du Rite écossais, titulaire du 33e degré, il fut dignitaire du Grand Orient de France, membre du Suprême Conseil de France et vénérable d’honneur de la loge Saint-Napoléon.
Quarante ans de service sous l’Ancien Régime

Entré dans l’armée en 1750 comme cadet au régiment de Lowendal, Kellermann sert pendant la guerre de Sept Ans et devient capitaine en 1758. En 1770-1771, il fait campagne en Pologne et reçoit la croix de Saint-Louis pour sa conduite au passage de la Vistule.
Officier de cavalerie, major du régiment de Saxe-hussards, lieutenant-colonel en 1780, brigadier en 1784, il est promu maréchal de camp en 1788, après trente-six ans de service.
Le héros de Valmy
Rallié à la Révolution, il prend en août 1792 le commandement de l’armée de la Moselle et contribue à la victoire de Valmy, le 20 septembre 1792. Chargé ensuite des armées des Alpes et d’Italie, il est envoyé contre Lyon révoltée en 1793 mais renonce à bombarder la ville ; destitué, il passe treize mois en prison sous la Terreur.
Libéré après la chute de Robespierre, il reprend du service en 1795, perd le commandement de l’armée d’Italie, bientôt confié à Bonaparte, et quitte l’armée des Alpes au printemps 1797.
Maréchal, sénateur et pair de France

Inspecteur général de la cavalerie, il entre au Sénat conservateur après le 18 Brumaire et le préside à partir du 2 août 1801. Fait maréchal d’Empire en 1804, il porte la couronne de Charlemagne au sacre et reçoit en 1808 le titre de duc de Valmy.
Sous la Restauration, Louis XVIII le fait grand-croix de Saint-Louis, gouverneur de Strasbourg et pair de France. Son cœur repose sur le champ de bataille de Valmy, ses restes au Père-Lachaise, et son nom figure sur l’arc de triomphe de l’Étoile.
Un dignitaire de l’Écossisme et du Grand Orient
Franc-maçon reconnu, Kellermann est rattaché au Rite écossais, dont il porte le 33e degré. Au Grand Orient de France, il est grand garde des archives en septembre 1803 et député au convent de 1811 pour la loge strasbourgeoise « La Concorde ». Vénérable d’honneur de la loge parisienne « Saint-Napoléon » à partir de septembre 1804, il l’est encore en 1812 ; la loge liégeoise « La Parfaite égalité » lui consacre une fête en 1809.
Le 6 septembre 1805, des dignitaires réunis chez lui signent un acte qui rejette le concordat de 1804 et rétablit la Grande Loge générale écossaise. Membre du Suprême Conseil de France, il signe aussi l’acte de fondation du Suprême Conseil d’Italie.
Un maréchal au cœur des débats maçonniques de l’Empire
Kellermann incarne la franc-maçonnerie militaire et notabiliaire du Premier Empire, où maréchaux et grands officiers occupent les premières places des loges. Sa participation à la rupture du concordat de 1804 le place au centre des tensions entre Grand Orient et juridiction écossaise, qui structurent durablement le paysage maçonnique français.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à François Christophe Kellermann.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître.

