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Louis Goaziou, né le 22 mars 1864 à Scrignac, en Bretagne, et mort en 1937 à Charleroi, en Pennsylvanie, est un militant ouvrier, journaliste et éditeur socialiste franco-américain. Mineur émigré aux États-Unis, il fut le principal pionnier de la franc-maçonnerie mixte outre-Atlantique : premier vénérable de la loge Alpha, fondateur de nombreuses loges et premier président de la Fédération américaine du Droit Humain.
De Scrignac aux mines de Pennsylvanie

Né dans une famille modeste du Finistère, d’un père sabotier et d’une mère mercière ambulante, Louis Goaziou quitte la France et débarque en 1883 à Houtzdale, en Pennsylvanie. Il y travaille comme mineur de fond, puis devient professeur d’anglais pour les immigrés francophones.
Syndicaliste, socialiste et journaliste
Proche des milieux libertaires, il adhère à l’International Working People’s Association, puis aux Knights of Labor. En 1901, il rejoint le Parti socialiste d’Amérique, où il crée une section francophone, et effectue en 1905 une tournée au Canada.
Successeur du blanquiste Édouard David, il lance plusieurs journaux ouvriers : Le Réveil des mineurs, L’Ami des ouvriers, La Tribune libre, puis L’Union des travailleurs, tiré à 1 500 exemplaires, qui paraît à Charleroi jusqu’en 1916.
Le pionnier du Droit Humain en Amérique
Initié en 1903 avec neuf profanes, hommes et femmes, lors de la création de la première loge mixte d’Amérique, autorisée par Georges Martin, Goaziou fonde avec Antoine Muzzarelli, membre du Grand Orient de France, la loge Alpha n° 301, dont il devient le premier vénérable maître. De 1903 à 1907, il multiplie les fondations de loges, surtout dans les bassins miniers.
Après la mort de Muzzarelli, il organise le convent de Saint-Louis et devient le premier président de la Fédération américaine du Droit Humain, élu en 1909 selon Wikipédia ; la fédération est officiellement constituée en février 1920 selon l’obédience. Sous l’influence d’Annie Besant, il installe à Chicago la loge théosophique Saint-Germain n° 351.
Un bâtisseur de l’obédience mixte
Il édite un bulletin en trois langues, collabore à The American Co-Mason et joue un rôle important aux convents internationaux de 1920 et 1927, présidant en 1920 la commission de la constitution internationale. En 1916, la fédération acquiert près de Larkspur, au Colorado, un domaine accueillant un sanatorium et un orphelinat.
Défenseur résolu de la mixité entre hommes et femmes, il se montre en revanche réticent, comme le rapporte Wikipédia en citant ses propos de 1929, à l’admission des Afro-Américains, position qui reflète les préjugés de son époque.
Un Breton aux origines du Droit Humain américain
Louis Goaziou occupe une place singulière dans l’histoire de la franc-maçonnerie d’origine française : ouvrier émigré et militant socialiste, il a transplanté aux États-Unis l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain, né en France, et en a fait une fédération nationale. Le Droit Humain français lui consacre aujourd’hui un parcours biographique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Louis Goaziou.
Voir aussi dans le glossaire : Mixité, Sautoir de Vénérable Maître, Convent.

