Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil naît le 5 décembre 1745 à Pondichéry et meurt guillotiné à Paris le 22 avril 1794. Conseiller au parlement de Paris, il est l’un des magistrats qui réclament en 1787 la convocation des États généraux, avant de siéger à droite à la Constituante. Membre de la loge des Neuf Sœurs, disciple de Cagliostro et promoteur du mesmérisme, il incarne le versant ésotérique de la maçonnerie de la fin du XVIIIe siècle.

Un fils de la Compagnie des Indes

Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil – portrait
Source : Wikimedia Commons – Jean-Joseph Bernard – Public domain

Issu d’une famille havraise établie à Éprémesnil, dans le pays de Caux, il est le fils de Jacques Duval d’Eprémesnil, administrateur de la Compagnie des Indes et gouverneur de Madras. Il naît à Pondichéry, où son oncle Georges Duval de Leyrit fut gouverneur.

Avocat au Châtelet puis au parlement de Paris, il s’oppose à partir de 1766 à la réhabilitation du comte de Lally-Tollendal demandée par son fils.

Le parlementaire frondeur

Exilé lors de la réforme Maupeou en 1771, il devient conseiller aux enquêtes au parlement de Paris. En 1787, il réclame la convocation des États généraux ; arrêté avec Goislard de Monsabert, il est exilé environ quatre mois à l’île Sainte-Marguerite.

Élu en 1789 député de la noblesse de Paris hors les murs, il siège à droite à la Constituante, s’oppose à la réunion des trois ordres et défend la monarchie absolue et la religion d’État. Il publie notamment Nullité et despotisme de l’Assemblée nationale (1790).

De la Compagnie du Scioto à l’échafaud

Au début de 1790, il cofonde la Compagnie du Scioto, qui fait faillite. En 1791, il soutient les « Salons français », réseau de renseignement au service des émigrés. Arrêté en 1793 puis libéré, il est de nouveau incarcéré, jugé avec Malesherbes par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné le 22 avril 1794.

Neuf Sœurs, Cagliostro et Mesmer

Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil
Source : Wikimedia Commons – François Bonneville – Public domain

Duval d’Eprémesnil est membre de la loge des Neuf Sœurs, foyer maçonnique des Lumières parisiennes. Il se distingue surtout par son attrait pour les courants ésotériques : ami et disciple de Cagliostro, il contribue au développement de la maçonnerie égyptienne et prend la défense de son maître lors de l’affaire du collier de la reine.

Disciple de Franz Anton Mesmer aux côtés de Nicolas Bergasse et du marquis de Puységur, il enseigne et pratique le magnétisme animal, défend Mesmer contre l’Académie de médecine et publie des Réflexions préliminaires en réponse à la pièce satirique Les Docteurs modernes.

Principales œuvres

  • Réflexions préliminaires (sur le mesmérisme)
  • Réflexion d’un magistrat sur la question du nombre et celle de l’opinion par ordre et par tête
  • Nullité et despotisme de l’Assemblée nationale, 1790
  • Réflexions sur les nouveaux décrets concernant les colonies

Un maçon entre Lumières et illuminisme

Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil occupe une place singulière dans l’histoire de la franc-maçonnerie française : membre d’une loge emblématique des Lumières, il fut aussi l’un des relais majeurs de la maçonnerie égyptienne et du mesmérisme. Son parcours, du frondeur parlementaire au défenseur de l’absolutisme, montre que les loges de la fin de l’Ancien Régime abritaient des sensibilités politiques et spirituelles très diverses.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil.

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