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Henri Charles Étienne Dujardin-Beaumetz naît le 20 septembre 1852 à Passy et meurt en 1913 à La Bezole, dans l’Aude. Peintre de scènes militaires sous le nom d’Étienne Beaumetz, il devient député puis sénateur de l’Aude et occupe de 1905 à 1912 le sous-secrétariat d’État aux Beaux-Arts. Anticlérical résolu, il est décrit comme un « franc-maçon notoire », membre de la loge La Clémente Amitié.
Un peintre de la guerre de 1870

Fils d’un médecin devenu préfet du Puy-de-Dôme, Étienne Dujardin-Beaumetz étudie à l’École des Beaux-Arts auprès d’Alexandre Cabanel et d’Émile Bin. Volontaire pendant la guerre de 1870, il consacre ensuite sa peinture aux sujets militaires.
Il expose au Salon dès 1875 et obtient une médaille en 1880 pour Les voilà !. Suivent notamment Le Bataillon des Gravilliers pour la frontière (1881), Le général Lapasset brûlant son drapeau (1882) et Salut à la victoire (1888). En 1880, il cofonde la revue L’Art libre avec, entre autres, Émile Zola et Paul Alexis.
Un radical de l’Aude
Installé dans l’Aude, il est conseiller général du canton de Limoux dès 1887, puis député de l’Aude de 1889 à 1912, d’abord républicain puis membre de la Gauche radicale, groupe qu’il préside en 1896. Il préside à plusieurs reprises le conseil général de l’Aude et devient sénateur en 1912.
Anticlérical farouche, il vote la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.
Aux Beaux-Arts, de 1905 à 1912
Nommé sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts en 1905, il conserve ce poste dans plusieurs gouvernements jusqu’en 1912. Il préside le comité du monument à Alfred Sisley et entretient des liens étroits avec Auguste Rodin, dont ses Entretiens avec Rodin paraissent en 1913, après sa mort.
La Clémente Amitié
Wikipédia présente Dujardin-Beaumetz comme un « franc-maçon notoire » et le rattache à la loge La Clémente Amitié. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les fonctions qu’il y a occupées.
Son engagement laïque et son vote de la loi de 1905 s’inscrivent dans le combat que menaient alors nombre de parlementaires francs-maçons du camp radical.
Principales œuvres
- Les voilà !, 1880
- Le Bataillon des Gravilliers pour la frontière, 1881
- Le général Lapasset brûlant son drapeau, 1882
- La garnison quittant Belfort, 1884
- Salut à la victoire, 1888
- Discours de 1905 à 1911, 1913
- Entretiens avec Rodin, 1913
Un artiste maçon au service des Beaux-Arts
Peintre devenu responsable de la politique artistique de l’État, Étienne Dujardin-Beaumetz illustre la présence des francs-maçons radicaux dans les institutions culturelles de la Troisième République, au moment où se joue la séparation des Églises et de l’État.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Étienne Dujardin-Beaumetz.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

