Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Né et mort à Marseille (1941-2005), René Bianco fut instituteur puis professeur d’histoire, militant libertaire et historien de référence de la presse anarchiste de langue française, fondateur du Centre international de recherches sur l’anarchisme. Franc-maçon du Grand Orient de France, vénérable maître, il contribua en 1979 au renouveau du Rite français et gravit tous les degrés du Rite écossais ancien et accepté.
De l’école publique à la recherche

Issu d’un milieu modeste, René Louis Bianco est boursier au lycée Saint-Charles de Marseille jusqu’au baccalauréat de philosophie, tout en travaillant comme ouvrier, livreur ou préparateur en pharmacie. Instituteur, puis instituteur spécialisé, PEGC et enfin professeur certifié d’histoire-géographie, il reprend des études à la faculté d’Aix-en-Provence en 1969.
Diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix en 1972, primé pour son mémoire, il soutient un doctorat de troisième cycle puis, en 1988, une thèse d’État consacrée au répertoire des périodiques anarchistes de langue française. Il collabore au Maitron et participe à de nombreux colloques.
Un militant libertaire
Militant du Syndicat national des instituteurs dans le courant École émancipée, membre de la Libre Pensée et de la Fédération anarchiste, il soutient la campagne de Louis Lecoin pour l’objection de conscience. Il anime avec André Arru le groupe Marseille-Centre et est mandaté en 1968 au congrès international anarchiste de Carrare.
En 1967, il fonde les Éditions Culture et liberté, puis le Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) de Marseille, dont il fait un centre de documentation de premier plan ; il organise la première rencontre des centres d’études libertaires, à l’origine de la FICEDL.
Un maçon des rites
Initié dans une loge du Grand Orient de France, René Bianco y exerce plusieurs offices, dont celui de vénérable maître, et participe à la création d’autres ateliers. En 1969, il est à l’origine de la publication des Anarchistes dans la franc-maçonnerie de Léo Campion.
En 1979, avec d’autres frères titulaires des quatre ordres, il constitue le Grand Chapitre de Provence, qui installe à Cabriès le chapitre « Lou Calen » : cet acte marque le renouveau du Rite français en trois grades et quatre ordres au sein du Grand Orient. Il gravit également tous les degrés du Rite écossais ancien et accepté, préside le Consistoire Hermès de Provence et est coopté en 1997 au Suprême Conseil du Grand Collège des Rites.
Principales œuvres
- Dictionnaire universel de la franc-maçonnerie (avec d’autres auteurs), 1974
- Le Mouvement anarchiste à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône de 1880 à 1914, 1978
- Le Théâtre social, un essai de culture ouvrière, 1978
- Une figure originale de l’anarchisme français : Paraf-Javal, 1980
- Les Anarchistes et la Résistance : témoignages, 1939-1945, 1985
- Répertoire des périodiques anarchistes de langue française, 1988
- Un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, 1987
- Marseille, un destin culturel, 1995
Entre libre pensée et tradition initiatique
René Bianco occupe une place originale dans la franc-maçonnerie française : historien libertaire, il a contribué à documenter les liens entre anarchisme et maçonnerie, tout en jouant un rôle décisif dans la restauration du Rite français à quatre ordres au Grand Orient de France, aujourd’hui largement pratiqué.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à René Bianco.
Voir aussi dans le glossaire : Léo Campion (Auteur).

