Léo Campion (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, d’un père belge et d’une mère montmartroise, Léo Campion fut chansonnier, acteur, caricaturiste et humoriste, mais aussi militant anarchiste, pacifiste et franc-maçon. Initié en 1934 à Bruxelles, il a consacré à la rencontre entre l’idéal libertaire et la maçonnerie un livre devenu classique, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, galerie de portraits des « maillons libertaires de la Chaîne d’union », sans cesse réédité depuis 1969.

Un antimilitariste entre Paris et Bruxelles

Léo Campion, chansonnier, humoriste et libertaire

De son vrai nom Léon Louis Octave Campion, de nationalité belge, il est expulsé de France en 1923 à la suite d’une campagne de l’Action française et s’installe à Bruxelles. Il y rencontre Marcel Dieu, dit Hem Day, bouquiniste anarchiste et franc-maçon, qui devient son compagnon de lutte. Campion milite à la Libre Pensée de Bruxelles, dont il est secrétaire, comme à la section belge de l’Internationale des résistants à la guerre et au Comité maçonnique pour l’objection de conscience.

En 1933, Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires pour protester contre un projet de loi du ministre Albert Devèze. Condamné à dix-huit mois de prison, Campion entame une grève de la faim ; défendus notamment par Paul-Henri Spaak, les deux hommes sont finalement libérés et le projet abandonné. Ils reviendront sur cette affaire dans Autour d’un procès (1968).

Du cabaret à l’écran

Caricaturiste pour le journal bruxellois Le Rouge et le Noir de 1930 à 1936, Campion s’impose après-guerre dans le monde du cabaret : il dirige le Caveau de la République et le Tabou, où il travaille avec Pierre Dac. Producteur à la RTF de 1951 à 1961, il anime Le Cabaret du soir et prête sa voix au personnage de Clodomir dans le feuilleton Signé Furax.

Au cinéma, on le voit notamment dans French Cancan de Jean Renoir (1955) et La Lectrice de Michel Deville (1988) ; au théâtre, il joue dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco mis en scène par Jean-Louis Barrault (1961). Régent du Collège de ’Pataphysique, il cultive un humour volontiers gaulois, de Le Petit Campion au Lexique pour rire illustré. Interné au camp d’Argelès pendant la guerre, il reçoit à la Libération la Croix de guerre 1939-1945.

Un parcours maçonnique au Grand Orient

Léo Campion est initié en 1934 dans la loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique, à Bruxelles. Il s’affilie en 1937 à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France, gravit les degrés du Rite écossais jusqu’au 33e et siège au Consistoire d’Île-de-France. Une loge grenobloise du Grand Orient de France porte aujourd’hui son nom.

Les « maillons libertaires de la Chaîne d’union »

Léo Campion – Le drapeau noire lequerre et le compas - Leo Campion

Son œuvre maçonnique majeure paraît en 1969 à Marseille sous le titre Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union : un recueil de notices biographiques consacrées aux anarchistes qui furent aussi francs-maçons. Profondément remanié, le livre devient en 1978 Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, destiné à un plus large public et réédité en 1996, 2002, 2004 et 2013.

Campion y défend l’idée d’une parenté entre l’exigence libertaire de liberté absolue de conscience et la démarche maçonnique. Il signe aussi Sade franc-maçon (1972), publié par le Cercle des amis de la Bibliothèque initiatique.

Principaux ouvrages

  • Les Anarchistes dans la franc-maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d’union, Culture et Liberté, Marseille, 1969
  • Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas, Goutal-Darly, 1978 ; rééd. Alternative libertaire, 1996, 2002, 2004 ; éditions K’A, 2013
  • Sade franc-maçon, Cercle des amis de la Bibliothèque initiatique, 1972
  • Autour d’un procès (avec Hem Day), Pensée et Action, 1968
  • Réflexions sur la violence, L’Émancipateur, 1935
  • Zo d’Axa : brève esquisse d’un anarchiste de la belle époque, 1936 ; rééd. Le Vent du Ch’min, 1978
  • Illégalisme de la liberté, Culture et Liberté, 1983
  • Le Petit Campion – Lexique encyclopédique illustré, SAPRA, 1953
  • Lexique pour rire illustré, Le Cherche-Midi, 1982
  • J’ai réussi ma vie, Éditions du Borrégo, 1985

Une figure de la maçonnerie libertaire

Léo Campion incarne mieux que quiconque la jonction entre l’anarchisme et la franc-maçonnerie au XXe siècle. Son Drapeau noir, l’Équerre et le Compas demeure l’ouvrage de référence sur ces frères libertaires, et sa trajectoire d’homme de scène, d’objecteur et de maçon du Grand Orient rappelle que la loge a souvent accueilli les esprits les plus rétifs aux dogmes.

À lire sur 450.fm : Maçons célèbres… : Léo Campion, Le Dessin de Jissey : « Pierre Dac est une inspiration », Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses.

Voir aussi dans le glossaire : Équerre, Compas.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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