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Né en 1879 à Laage, dans le Mecklembourg, et mort en 1966 à Bayreuth, Bernhard Beyer est un médecin psychiatre allemand devenu l’un des grands historiens de la franc-maçonnerie de langue allemande. Fondateur en 1913 du musée et de la bibliothèque maçonniques de Bayreuth, Grand Maître de la Grande Loge « Zur Sonne » après 1945 et premier Vénérable de la loge de recherche Quatuor Coronati, il est notamment l’auteur d’une étude classique sur le système des Rose-Croix d’or.
Un psychiatre à Bayreuth

Fils du pasteur Carl Beyer, Bernhard Beyer naît le 31 mai 1879 à Laage. Il étudie la médecine à Iéna et à Tübingen et obtient son doctorat à Rostock en 1904. À vingt-huit ans, il s’installe à Bayreuth comme spécialiste de psychiatrie et de neurologie, puis devient médecin-chef du sanatorium Herzoghöhe.
Ses premiers écrits relèvent de la médecine : il publie notamment en 1909 un ouvrage sur la réforme du régime des aliénés et le statut juridique des personnes internées.
Le fondateur du musée maçonnique de Bayreuth
Initié en 1910 dans la loge bayreuthaise Eleusis zur Verschwiegenheit, Beyer crée dès 1913 le musée et la bibliothèque maçonniques de Bayreuth, qu’il dirige jusqu’en 1933 ; l’institution est aujourd’hui connue comme le Musée allemand de la franc-maçonnerie. En 1921, il fonde le Geschichtlicher Engbund, cercle de recherche historique.
Au sein de la Grande Loge « Zur Sonne » de Bayreuth, il devient secrétaire en 1925, Grand Maître adjoint en 1927 et, après la Seconde Guerre mondiale, Grand Maître. Le 9 septembre 1951, il fonde la loge de recherche Quatuor Coronati, dont il est le premier Vénérable Maître.
Rose-Croix d’or, nazisme et histoire des loges

Son livre le plus cité, Das Lehrsystem des Ordens der Gold- und Rosenkreuzer (Pansophia, Leipzig, 1925, réimprimé en 2008), décrit l’enseignement et la structure des Rose-Croix d’or, ordre hermétique et alchimique de l’Allemagne du XVIIIe siècle, étroitement lié aux milieux maçonniques.
Défenseur de la maçonnerie humanitaire, Beyer a aussi documenté l’idéologie nationaliste-chrétienne de certaines obédiences rivales et réuni des archives sur le ralliement des Grandes Loges vieilles-prussiennes au camp völkisch et national-socialiste entre 1920 et 1946. Il a enfin consacré trois volumes à l’histoire de la Grande Loge « Zur Sonne » (1954-1955) et une étude posthume à la maçonnerie munichoise du XVIIIe siècle (1973).
Principaux ouvrages
- Vom Orden der wahren Patrioten und wahren Menschenfreunde, dans Quellen zur Geschichte der Freimaurerei, vol. 1, 1917
- Das Lehrsystem des Ordens der Gold- und Rosenkreuzer, Pansophia, Leipzig, 1925
- Der Kampf der Großen Landesloge der Freimaurer von Deutschland gegen die humanitäre Freimaurerei, Bayreuth, 1927
- Der Vernichter der Freimaurerei in seiner wahren Gestalt, Bayreuth, 1928
- Unser Verhältnis zur Freimaurerei der früheren Feindbundstaaten während des Krieges und nach dem Friedensschlusse, Bayreuth, 1929
- Das Fundament der Freimaurerei, Verlag der Freimaurerbriefe, Krefeld, 1947
- Geschichte der Großloge « Zur Sonne », 3 vol., Bauhütten-Verlag, Francfort, 1954-1955
- Geschichte der Münchener Freimaurerei des 18. Jahrhunderts, Bauhütten-Verlag, Hambourg, 1973
Un bâtisseur de la recherche maçonnique allemande
Bernhard Beyer a donné à la maçonnologie allemande ses institutions : un musée, une bibliothèque, une loge de recherche. Son étude des Rose-Croix d’or reste une référence pour comprendre les liens entre hermétisme et maçonnerie au XVIIIe siècle, et son travail documentaire sur la compromission de certaines obédiences avec le nazisme en fait un témoin lucide des heures sombres de la franc-maçonnerie allemande.
Voir aussi dans le glossaire : Rose-Croix, Grand Maître, Albert Pike (antimaçonnisme).

