lun 09 février 2026 - 14:02

Un physicien propose une expérience pour savoir si notre monde est une matrice

Article soufflé par notre confrère amphisciences.ouest-france.fr – Par Dr. Antonin Singer

L’idée que notre Univers pourrait n’être qu’une immense simulation numérique a longtemps relevé de la science-fiction ou des discussions philosophiques tardives. Aujourd’hui, cette hypothèse vertigineuse passe de la pure spéculation à la physique expérimentale rigoureuse, grâce aux travaux de Melvin Vopson, physicien à l’Université de Portsmouth. Ce chercheur ne se limite pas à des spéculations abstraites : il formule une nouvelle loi physique et conçoit un protocole expérimental concret pour sonder la nature profonde de notre réalité.

Si ses intuitions se confirment, elles bouleverseraient radicalement notre vision de la matière, de l’énergie et de l’existence elle-même – un peu comme si le profane découvrait soudain la Lumière maçonnique derrière le voile des apparences.

Des grottes philosophiques à la physique théorique

Statut de Platon en marbre blanc
Statut de Platon assis en marbre blanc devant un chapiteau de Temple

Platon, dans son allégorie de la caverne, suggérait déjà que nos sens nous trompent et que nous percevons seulement des ombres d’une réalité supérieure. Le débat contemporain sur la simulation trouve son origine moderne dans l’article seminal de Nick Bostrom, philosophe à Oxford, publié en 2003. Son « argument de la simulation » repose sur une logique ternaire inexorable : l’une de ces trois affirmations est nécessairement vraie – soit les civilisations avancées s’éteignent avant d’atteindre le stade post-humain capable de créer des simulations ; soit elles y parviennent mais choisissent de ne pas simuler leurs ancêtres ; soit nous vivons avec une probabilité écrasante dans une simulation.

Portrait de Nick Bostrom

Ce raisonnement statistique imagine que une civilisation post-humaine pourrait générer des milliards de simulations conscientes pour explorer son passé ou des scénarios sociologiques. Le nombre d’existences simulées dépasserait alors infiniment celui des existences « de base », rendant notre réalité originelle hautement improbable. Cependant, pour Melvin Vopson, cette approche purement probabiliste reste insuffisante : la science exige des preuves tangibles, non des paris. Il traque donc les « pixels » ou les traces de code qui trahiraient la nature artificielle de notre monde, transformant l’hypothèse informatique en principes physiques mesurables – un travail symbolique de dégrossissage de la pierre brute pour révéler la vérité cachée.

L’information, cinquième forme de matière ?

Shannon, Claude — Author: Jacobs, Konrad — Source : Konrad Jacobs, Erlangen — Copyright: MFO

Pour étayer cette théorie, il faut repenser la nature de l’information. Traditionnellement, la physique distingue la matière (atomes) de l’énergie (rayonnement), reléguant l’information au rang d’abstraction descriptive. Pourtant, depuis Claude Shannon et surtout le principe de Landauer (années 1960), cette frontière s’efface : effacer un bit d’information dissipe obligatoirement une chaleur minimale, prouvant sa réalité physique énergétique.

Vopson étend cela via son principe d’équivalence masse-énergie-information, inspiré de E=mc2E=mc^2E=mc^2 d’Einstein. L’information ne se réduit pas à de l’énergie : elle possède une masse propre, infinitésimale mais quantifiable. Chaque bit stocké – dans l’ADN, une particule élémentaire ou un disque dur – contribue à la masse totale. Si validée, l’information deviendrait la cinquième forme de matière, aux côtés des solides, liquides, gaz et plasmas. L’Univers apparaîtrait alors comme un immense système de stockage, chaque particule portant le poids de ses données intrinsèques – évoquant le Grand Architecte de l’Univers gravant les lois éternelles dans la matière même.

La seconde loi de l’infodynamique : une anomalie qui intrigue

En analysant la dynamique des systèmes informationnels (stockage numérique, génome du SARS-CoV-2), Vopson identifie une anomalie publiée dans AIP Advances. La seconde loi de la thermodynamique impose une augmentation inexorable de l’entropie (désordre) dans un système isolé, expliquant la dissipation énergétique et la flèche du temps vers la dégradation.

Or, l’entropie informationnelle diminue ou se stabilise : l’information s’optimise et se compresse spontanément. Les mutations persistantes du Covid-19 réduisent l’information génétique, comme un algorithme de compression économisant ressources. Vopson nomme cela la seconde loi de l’infodynamique : l’Univers évolue par minimisation des données, ressemblant plus à un ordinateur optimisant son code qu’à un chaos naturel – une optimisation qui rappelle le travail maçonnique sur la pierre brute, tendant vers la perfection géométrique et l’harmonie.

Une expérience pour détecter les bits cosmiques

Melvin Vopson

La proposition de Vopson gagne en force par sa falsifiabilité : il conçoit une expérience accessible avec les technologies actuelles. Si les particules (électrons) stockent de l’information massive, celle-ci doit se conserver lors de leur annihilation.

Le protocole utilise la collision électron-positron : normalement, elle produit deux photons gamma à haute énergie. Mais si l’information a une masse, son effacement libère deux photons infrarouges supplémentaires (longueur d’onde prédite ~50 micromètres), signature de la suppression de données. Détecter ces photons prouverait que notre réalité est une structure programmée – comme révéler la Lumière derrière le bandeau de l’initié.

La quantique comme optimisation computationnelle

Max Planck

Cette hypothèse explique élégamment les énigmes quantiques. Le rendu sélectif dans les jeux vidéo (seulement ce que l’observateur voit) ressemble à l’effondrement de la fonction d’onde lors de la mesure. La vitesse de la lumière comme limite absolue évoque la capacité maximale d’un processeur. La discrétisation à l’échelle de Planck suggère un Univers « pixelisé ». Ces « bugs » quantiques pourraient être des artefacts d’une simulation optimisée – parallèles aux mystères que la maçonnerie voile pour révéler progressivement la Vérité.

Les implications existentielles d’une telle révélation

Une validation bouleverserait la science : la gravité comme effet de densité informationnelle ; la matière noire comme information pure ; l’Univers comme pur code mathématique. Existentiellement, elle impliquerait un « programmeur » – un Grand Architecte technologique. Le paradoxe de Fermi s’expliquerait par notre isolement dans une simulation unique. Le libre arbitre resterait en question, mais Vopson tempère : nos expériences subjectives (joie, douleur, amour) demeurent réelles. Mieux, décoder ce « code source » ouvrirait des pouvoirs quasi divins, manipulant matière et lois physiques – écho à la quête maçonnique de maîtrise sur soi et le monde.

Les recherches de Melvin Vopson transforment une intuition philosophique en science testable. Succès ou échec de l’expérience enrichira la physique, potentiellement reléguant la révolution copernicienne à une note mineure.

La réponse attend désormais un détecteur de particules – ou peut-être une révélation symbolique plus profonde.

5 Commentaires

  1. DZ NATIONALE
    De toute façon l’Algérie est bien plus forte que la France dans tous les niveaux. Sans le gaz dz la France serait déjà congelé par le froid. Surtout les Nord il n’y a pas de soleil alors que le sud il y a en a un peu au moins.

  2. Un beau conte de Noel maconnique. On mélange plusieurs concepts, on confond un peu tout gaillardement, c’est ce qui donne la magie… Du coup j’ai revu l’entropie de Shannon ça m’a rajeuni.

  3. La gravité comme phénomène émergent de l’information
    Plusieurs physiciens (notamment Erik Verlinde) ont proposé que :
    • la gravité n’est pas une force fondamentale
    • elle émerge de gradients d’information
    • exactement comme la pression ou la température émergent de l’agitation microscopique

    L’idée centrale est la suivante : Là où l’information est plus dense, l’espace temps se courbe davantage.

    Si l’information possède une masse, alors :
    • une région riche en information « pèse » plus lourd
    • la courbure de l’espace temps pourrait être une réponse géométrique à cette densité d’information
    • la gravité serait la manifestation macroscopique de cette structure informationnelle

    Mon intuition : si le vide contient de l’information, il peut courber l’espace temps.
    Le principe holographique : l’univers comme surface d’information
    Le principe holographique (Susskind, ’t Hooft) affirme que l’information contenue dans un volume d’espace est proportionnelle à la surface qui l’entoure, pas au volume lui même
    C’est une idée vertigineuse : l’univers serait un hologramme, où la réalité tridimensionnelle émerge d’une information codée sur une surface bidimensionnelle.

    Si l’information a une masse, cette surface d’information possède une densité d’énergie, cette énergie courbe l’espace temps, la géométrie de l’univers devient littéralement une conséquence de la distribution d’information.

    Cela donne une lecture nouvelle de la gravité :
    la gravité serait la tendance de l’univers à optimiser la distribution de l’information sur ses surfaces holographiques.
    L’entropie de l’univers : l’information comme moteur cosmique
    L’entropie est une mesure de l’information manquante ou dispersée.

    Or, l’univers :
    • augmente son entropie
    • augmente sa quantité d’information accessible
    • augmente sa surface holographique (l’expansion cosmique)

    Si l’information a une masse, alors l’augmentation de l’entropie :
    • augmente la masse énergie effective du vide
    • contribue à l’expansion accélérée de l’univers
    • pourrait expliquer l’énergie noire comme énergie informationnelle du vide

    Autrement dit : L’univers s’étend parce qu’il crée de l’information, et cette information « pèse ».

    Un univers où la masse, la gravité et l’espace temps émergent de l’information

    En combinant ces trois cadres (gravité émergente, holographie, entropie), on obtient une vision cohérente :
    1. L’information est fondamentale.
    2. Le vide contient de l’information, donc il possède une masse énergie.
    3. La gravité est la réponse géométrique de l’espace temps à la distribution d’information.
    4. L’univers se comporte comme un système computationnel, où la structure de l’espace temps encode et traite de l’information.
    5. L’expansion cosmique reflète l’augmentation de l’entropie, donc de l’information totale.

    Dans cette perspective, l’idée que « le vide a une masse » n’est plus paradoxale : c’est même une conséquence naturelle d’un univers informationnel.

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Erwan Le Bihan
Erwan Le Bihan
Né à Quimper, Erwan Le Bihan, louveteau, a reçu la lumière à l’âge de 18 ans. Il maçonne au Rite Français selon le Régulateur du Maçon « 1801 ». Féru d’histoire, il s’intéresse notamment à l’étude des symboles et des rituels maçonniques.

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