Grand Orient d'Italie
Histoire
Le Grand Orient d'Italie est créé en 1805 à la suite de la conquête de l'Italie par Napoléon Iᵉʳ[1]. Sous le Premier Empire, Joseph Bonaparte exerce la fonction de grand maître à Naples, tandis qu'Eugène de Beauharnais occupe la même charge à Milan, assisté de Ferdinando Marescalchi comme grand conservateur. Giuseppe Garibaldi figure dans la liste des grands maîtres qui se sont succédé à la tête de l'obédience.
Giuseppe Mazzoni compte également parmi ses dirigeants historiques. Le 21 avril 1901, l'obédience inaugure son siège romain au Palais Giustiniani. Antonio Seminario exerce aujourd'hui la fonction de grand maître [1].
Son siège est désormais situé via San Pancrazio 8 à Rome [1]. Le site officiel résume l'obédience comme « La Massoneria del Grande Oriente d'Italia di Palazzo Giustiniani, fondata nel 1805 » [1].
Fondation et schismes
L'obédience naît en 1805 dans le sillage des conquêtes napoléoniennes en Italie, avec deux centres parallèles : Naples sous Joseph Bonaparte et Milan sous Eugène de Beauharnais. Le 16 mars 1805, le Suprême Conseil d'Italie du Rite écossais ancien et accepté est par ailleurs fondé à Milan, avant d'absorber les Suprêmes Conseils de Turin, Rome, Naples et Palerme et de s'établir à Rome à partir de 1887. L'inauguration du Palais Giustiniani comme siège romain le 21 avril 1901 fixe l'identité publique de l'obédience pour le siècle suivant. La scission la plus retentissante reste celle de la loge Propaganda Due, formellement rattachée au Grand Orient d'Italie jusqu'à son expulsion en 1976 sous la direction de Licio Gelli. Après le retrait de la reconnaissance anglaise en 1993, une partie des frères quitte l'obédience et contribue à structurer la Grande Loge régulière d'Italie, qui restera pendant trois décennies la seule juridiction italienne reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre.
Positions doctrinales
Le Grand Orient d'Italie se présente comme conforme aux Basic Principles for Grand Lodge Recognition, en interdisant strictement toute discussion de religion ou de politique en loge et en observant les Antient Landmarks. L'obédience refuse l'admission des femmes en son sein et renvoie traditionnellement les épouses et compagnes de ses membres vers l'organisation parallèle des Stelle d'Oriente. Cette position d'exclusivité masculine demeure officielle, même si la presse italienne signale depuis 2024 des débats internes sur une éventuelle ouverture. L'obédience se définit elle-même comme oeuvrant « pour l'élévation morale et spirituelle de l'homme », formule qui encadre son rapport à la spiritualité sans imposer de confession précise [1]. La position formelle sur la formule du Grand Architecte de l'Univers comme exigence rituelle n'est pas explicitée dans les sources consultées [information manquante]
Rites pratiqués
Le Rite écossais ancien et accepté occupe une place centrale dans la juridiction italienne, son Suprême Conseil ayant été fondé à Milan dès 1805 puis fixé à Rome en 1887. Le Rite écossais associé au Grand Orient d'Italie pratique notamment les 4e, 9e, 14e, 18e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés, avec une réintroduction du 14e degré qui le distingue de plusieurs autres juridictions. Le Rite d'Émulation est également travaillé au sein de l'obédience, comme l'illustre la loge Heredom 1224 à l'Orient de Cagliari, identifiée comme Emulation Lodge du Grand Orient d'Italie. La liste exhaustive des rites travaillés par l'ensemble des loges de l'obédience n'est pas détaillée dans les sources consultées [information manquante]
Relations internationales
Le Grand Orient d'Italie est membre de la Confédération maçonnique interaméricaine depuis 1947 [1]. La Grande Loge unie d'Angleterre lui accorde la reconnaissance en 1972, avant de la retirer en 1993 sur fond d'accusations de corruption et d'infiltration mafieuse. En mars 2023, la Grande Loge unie d'Angleterre rétablit la reconnaissance du Grand Orient d'Italie en parallèle de celle de la Grande Loge régulière d'Italie, mettant fin à trente ans d'isolement britannique. L'obédience affirme aujourd'hui être reconnue par « une large majorité » des autres juridictions maçonniques régulières en Europe et dans le monde.
Controverses notables
La controverse la plus marquante reste l'affaire de la loge Propaganda Due, formellement rattachée au Grand Orient d'Italie au moins jusqu'à son expulsion en 1976, mais qui continue d'opérer clandestinement sous la direction de Licio Gelli. Le 17 mars 1981, la perquisition par les juges Gherardo Colombo et Giuliano Turone de la villa de Gelli à Arezzo met au jour une liste de 962 affiliés, parmi lesquels figurent un futur président du Conseil, des chefs des services de renseignement, des magistrats et des banquiers. La commission parlementaire d'enquête présidée par Tina Anselmi qualifie la P2 d'« organisation criminelle » et de structure « subversive », ce qui conduit à sa dissolution par la loi nº 17 du 25 janvier 1982. Le retrait de la reconnaissance par la Grande Loge unie d'Angleterre en 1993, motivé par des accusations de corruption et de liens mafieux, prolonge sur le terrain international les conséquences réputationnelles de l'affaire. En 2024, l'obédience remporte par ailleurs une bataille judiciaire contre le Sénat italien au sujet de la confiscation mussolinienne de son siège historique [2].
Questions fréquentes
Le Grand Orient d'Italie est-il mixte ? Non, l'obédience n'admet pas les femmes et renvoie traditionnellement les épouses et compagnes de ses membres vers l'organisation parallèle des Stelle d'Oriente.
L'obédience est-elle reconnue comme régulière ? Oui, depuis mars 2023, la Grande Loge unie d'Angleterre a rétabli sa reconnaissance après l'avoir retirée en 1993.
Quel rite y est principalement travaillé ? Le Rite écossais ancien et accepté tient une place centrale, avec un Suprême Conseil fondé dès 1805 à Milan, mais le Rite d'Émulation est également pratiqué dans certaines loges.
Combien de membres compte l'obédience ? En septembre 2015, le Grand Orient d'Italie déclare 22 675 membres répartis dans 842 loges.
Qu'est-ce que la loge P2 ? Il s'agit de la loge Propaganda Due, rattachée au Grand Orient d'Italie jusqu'à son expulsion en 1976, dont la dérive sous Licio Gelli a abouti à sa qualification d'« organisation criminelle » par la commission parlementaire Anselmi puis à sa dissolution légale en 1982.