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Grand Orient of the United States of America

Histoire

Le Grand Orient of the United States of America est une obédience maçonnique libérale d'inspiration française fondée officiellement en 2007 aux États-Unis. Son origine remonte à 2005, quand plusieurs loges quittent des Grandes Loges dites régulières pour former la Grande Loge unie d'Amérique. En 2007, la GLUA se transforme en Grand Orient des États-Unis afin de marquer sa proximité avec les obédiences françaises et européennes.

L'obédience se réclame d'une franc-maçonnerie d'esprit moderne, fondée sur les principes des Lumières et la fraternité universelle. Elle revendique une filiation symbolique avec Benjamin Franklin et La Fayette, qu'elle rattache à la Grande Loge de Londres de 1717. Structurée autour d'une dizaine de loges, elle s'inscrit dans le courant libéral plutôt que régulier.

L'obédience est dissoute en 2012.

Fondation et schismes

Le Grand Orient of the United States of America naît en 2006 de la convergence de trois groupes de maçons en rupture avec leurs Grandes Loges régulières : Jeff Peace en Géorgie, expulsé après avoir lancé un Rite de la Rose-Croix d'Or, Aaron Peavy et David Cooksey en Alabama, en conflit avec la ségrégation persistante de leur juridiction, et la loge Halcyon n°498 de l'Ohio, en bataille ouverte avec la Grande Loge de l'Ohio [1]. Le noyau initial prend d'abord le nom de Grande Loge Unie d'Amérique avant de se rebaptiser Grand Orient en mars 2008, lors d'un voyage à Washington destiné à officialiser le rapprochement avec le Grand Orient de France [1].

L'obédience traverse ensuite une série de ruptures internes qui la vident progressivement de sa substance : Cooksey part dès 2008, John Slifko et Aaron Peavy suivent en 2008-2009, la loge Euclide quitte fin 2009, puis Praxis et Benjamin Franklin claquent la porte en 2011 [1]. Faute d'installation d'un Grand Maître en 2012 et après l'arrêt progressif des publications, l'obédience cesse ses activités sans dissolution formelle annoncée, ne laissant subsister que deux loges, Euclide et Spinoza [1]. La filiation symbolique revendiquée avec Benjamin Franklin et La Fayette, rattachée à la Grande Loge de Londres de 1717, reste un argument de légitimation plutôt qu'une continuité organique.

Positions doctrinales

Le Grand Orient of the United States of America se réclame d'une franc-maçonnerie libérale et adogmatique, défendant la liberté absolue de conscience et une lecture rationaliste héritée des Lumières, avec des références explicites à Spinoza et au stoïcisme [1]. Il assume une rupture avec l'occultisme maçonnique du XIXe siècle et se positionne comme l'antithèse du modèle régulier anglo-américain, en cohérence avec les obédiences continentales européennes [1]. Sur la mixité, l'obédience reste divisée : plusieurs loges comme Praxis et la George Washington Union soutiennent l'admission des femmes, mais la direction nationale du Grand Orient s'y oppose [1]. Le rattachement explicite au courant libéral plutôt que régulier confirme son refus de la grille de reconnaissance des Grandes Loges nord-américaines mainstream.

Rites pratiqués

Le Grand Orient of the United States of America autorise principalement la pratique du Rite Français et du Rite Écossais Ancien et Accepté, dans la lignée des obédiences libérales européennes [1]. L'obédience développe également un Rite Cosmopolite original, adapté de rituels français, qui met l'accent sur la dramatisation, les intermèdes musicaux et le Cabinet de Réflexion [1]. Cette pluralité rituelle traduit le choix d'un cadre adogmatique laissant aux loges une marge d'expérimentation rituelle [1].

Relations internationales

La relation structurante du Grand Orient of the United States of America est nouée avec le Grand Orient de France, qui lui délivre le 28 mars 2008 une patente officielle couvrant les trois premiers grades, obtenue à Paris par John Slifko [1]. Cette reconnaissance constitue l'acte fondateur de son insertion dans le réseau maçonnique libéral international, en miroir de sa filiation revendiquée avec la tradition de Franklin et La Fayette. Le Grand Orient de France révoque toutefois cette patente le 29 août 2011, sanctionnant les dysfonctionnements organisationnels et les conflits internes de l'obédience américaine [1]. Du côté américain, l'obédience est considérée clandestine par les Grandes Loges régulières du continent et ne dispose d'aucune reconnaissance dans ce camp.

Controverses notables

L'année 2008 est marquée par l'affaire dite de l'Œil de l'Aveugle, série de messages cryptés mystérieux attribués à Jeff Peace, qui installe durablement un climat de méfiance interne [1]. Les luttes de pouvoir entre Peace et John Slifko, puis l'opposition publique frontale d'Ed King et Chris Hodapp sur leurs blogs anti-GOUSA, érodent la crédibilité externe de l'obédience [1]. La loge Halcyon doit mener un long contentieux judiciaire contre la Grande Loge de l'Ohio, finalement remporté en décembre 2009 mais au coût d'environ 300 000 dollars [1]. Plusieurs observateurs reprochent à l'obédience une activité internet disproportionnée par rapport à sa réalité de terrain, avec des loges essentiellement virtuelles donnant l'illusion d'une structure plus large qu'elle ne l'était [1]. Des témoignages internes pointent également un abandon progressif du processus démocratique sous les dernières mandatures [1].

Questions fréquentes

Quand le Grand Orient of the United States of America a-t-il été fondé ? Le noyau initial se constitue en 2006 sous le nom de Grande Loge Unie d'Amérique, avant de devenir Grand Orient en mars 2008 [1].

L'obédience est-elle encore active ? Non, elle cesse progressivement ses activités après 2012, sans Grand Maître installé cette année-là et sans dissolution formellement annoncée [1].

Quels rites étaient pratiqués ? Le Rite Français, le Rite Écossais Ancien et Accepté et un Rite Cosmopolite original adapté de rituels français [1].

Était-elle reconnue par le Grand Orient de France ? Oui entre le 28 mars 2008 et le 29 août 2011, date à laquelle le GODF révoque la patente [1].

Était-elle mixte ? La direction nationale s'opposait à la mixité, même si certaines loges comme Praxis ou la George Washington Union la soutenaient [1].

Sources

  1. Le Grand Orient des États-Unis d'Amérique. Histoire d'une obédience libérale américaine, Chroniques d'histoire maçonnique, 2020/2 consulté le 2026-06-07