sam 24 juillet 2021 - 16:07

ITALIE : Comte Cagliostro – un voyage à travers l’alchimie, la connaissance et l’ésotérisme

De notre confrère vanillamagazine.it par ANNALISA DI MARIA

“Je ne suis d’aucun âge ni d’aucun lieu : hors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son existence éternelle.” Ce sont les mots d’un des personnages les plus controversés et mystérieux de l’histoire italienne, Giuseppe Giovanni Battista Vincenzo Pietro Antonio Matteo Franco Balsamo, connu sous le nom d’Alessandro, comte de Cagliostro ou plus simplement Cagliostro, alchimiste et ésotériste, qui a fait de ces deux disciplines, sa raison de vivre le poussant jusqu’à l’hérésie.

Séduit par la Franc-maçonnerie, il créé un rite appelé « la sagesse triomphante », en 1743 en Sicile. L’un de ses objectifs était de revoir toute la pensée maçonnique à travers l’alchimie et l’ésotérisme. Adulé et haï à la fois, il fréquentait les cours italiennes les plus importantes. A travers ses pratiques de mystiques égyptiennes, il a vécu son propre parcours initiatique.

Le voyage hermétique de Cagliostro avait un but bien précis, celui de mettre en lumière les anciennes doctrines mystiques d’origine, comme celle de l’Égypte. Sa connaissance des pratiques anciennes découle de l’alchimie, que Cagliostro utilisait pour démontrer aux hommes de son temps le côté sombre d’une époque incapable de voir pleinement cette obscurité mystérieuse née de l’agitation humaine.

La redécouverte au siècle des Lumières, grâce à Cagliostro, de tous ces textes anciens ont permis une nouvelle ouverture sur l’Humanisme. Le XVIIIe siècle, sous l’influence de la Renaissance, a pu connaître une nouvelle vie philosophique. Cagliostro devient par sa pensée et ses rites, le trait d’union entre l’ancien et le moderne. Cagliostro a appris les pratiques alchimiques en tant que novice auprès des frères du couvent Fatebenefratelli, lorsqu’il vivait à Caltagirone.

En 1768, il rencontre, à Rome, sa femme, Lorenza Feliciani, complice et compagne qui prit le nom de Serafina. C’est après son voyage à Londres, où il s’initia à la franc-maçonnerie, qu’il fonda sa secte basée sur les rites égyptiens, et c’est précisément pour ces raisons que quelques années plus tard, il fut arrêté et condamné, à la prison à vie, et quitta Rome pour la forteresse de San Leo en 1791, où il mourut 4 ans plus tard fou, certainement à cause d’une maladie du cerveau.

Prison de Gagliostro
Prison de Gagliostro

La légende veut que Cagliostro erre encore dans les murs du fort. En effet, on sait que des bruits étranges se font entendre en provenance de la cellule appelée “pozzetto”, ainsi appelée parce qu’elle n’était accessible que par une trappe dans le plafond, là, où Cagliostro a été enfermé et muré vivant. La seule chose qu’il pouvait voir depuis la fenêtre de la cellule était la cathédrale, peut-être pour lui rappeler qui l’avait emprisonné et symboliquement qui l’avait condamné.

Ce guérisseur d’âmes, qui essayait de soigner les gens avec des herbes, était en fait un médecin qui, selon l’Église, allait au-delà de ce qui lui était permis, entrainant l’accusation d’hérésie et ne respectant pas les valeurs de la morale catholique. L’Église a détruit à jamais sa figure de guérisseur en le qualifiant de sorcier charlatan. C’était une sorte de “punition” qui condamna Cagliostro, une punition qui était infligée depuis l’Antiquité à tous ceux qui, à l’aide de pratiques considérées comme “illicites”, soignaient les malades et étaient donc considérés comme des sorciers.

La légende veut qu’on ne sache pas où le comte Cagliostro a été enterré après sa mort. Certains disent qu’en 1797 un commandant français a bu dans son crâne, mais si cette légende n’est que fausseté, probablement comme toutes les personnes tuées pour hérésie, son corps a été brûlé comme symbole du péché, de la malédiction et du mal.

Fermée ces derniers mois pour cause de pandémie, rouverte à partir de ce samedi, se déroule au fort de San Leo une exposition sculpturale d’un artiste international, Andrea da Montefeltro, intitulée “Arcana le lion du nouvel horizon”qui rappelle cette histoire à travers un voyage dans les trois phases alchimiques: le nigredo, l’albédo et le rubedo, une symbolique forte qui nous conduira avec l’imagination, mais aussi grâce à son histoire fascinante vers la lumière.

L’article original en italien

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2 Commentaires

  1. Cagliostro a laissé beaucoup de souvenirs en France, en particulier à Bordeaux. Il resta une année environ dans cette ville, il logeait dans une maison du cours Georges Clémenceau proche de la place Gambetta (évidemment à son époque les voies portaient d’autres noms !). Il jouait le soir aux Jaquets avec des bourgeois très een vue et suffisamment riches. Il s’arrangeait pour “plumer” ces bourgeois naïfs en leur vendant des fort cher des extraits de plantes. Quand il fut torturé à Rome, il prétendit que le rite égyptien lui avait été communiqué à Bordeaux, lors d’une tenue qui s’était déroulée dans une crypte sous le clocher de l’Eglise Saint Michel et qu’il n’avait donc rien inventé;

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