mer 23 juin 2021 - 22:06

Régularité maçonnique : une mise au point.

Avertissement : Nous publions telle quelle la tribune de Notre Très Cher Frère Marc Halévy, qui nous avait oralement exposé son point de vue et à qui nous avions demandé de restituer son propos par écrit. Nous observons qu’en aucun point il ne déroge à son opinion. Chacun s’en fera juge. Pour celles et ceux qui souhaiteront également connaître la position de la Rédaction, ils pourront en prendre connaissance après cet article. ChrR

En France, la pseudo Franc-maçonnerie qui fait parler d’elle dans la presse, étale des “loges” laïques, athées et matérialistes, socialistes ou gauchisantes. Mais c’est oublier à quel point l’authentique Franc-maçonnerie régulière, universelle et spirituelle est tout autre chose …

Il faut d’abord faire une mise au point cruciale pour sortir – je l’espère, définitivement – de l’impasse maçonnique franco-française. Juste un chiffre pour entrevoir l’ampleur du délire français : la tradition maçonnique ne reconnaît qu’une seule et unique Grande Loge régulière par Etat et la France compte 220 “obédiences” qui se disent toutes “maçonniques” mais dont aucune ne l’est.

De quoi s’agit-il ? Du principe de la Régularité maçonnique universelle. Sans trop entrer dans les détails historiques, pourtant essentiels si l’on veut y comprendre quelque chose, disons ceci. La Franc-maçonnerie moderne est née au 17ème siècle dans le dernier pays où les corporations de bâtisseurs étaient encore vivantes : les îles britanniques, spécialement en Irlande, en Ecosse et à York, avec quelques Loges moribondes de ci de là, notamment à Londres et Westminster (près de la cathédrale Saint-Paul).

Et c’est là que la Franc-maçonnerie a bifurqué.

La querelle des Ancients et des Moderns.

Cette bifurcation doit beaucoup à la querelle toute britannique entre les Moderns et les Ancients, querelle qui sévit entre 1723 et 1813. Tout part de la Royal Society londonienne – où se retrouvaient, autour de Sir Isaac Newton, toute l’élite intellectuelle et scientifique anglaise – et de son secrétaire Jean-Théophile Desaguliers qui, comme bien des membres de cette honorable assemblée, ne rêvait que de créer une religion idéale au-dessus des religions instituées et de promouvoir une morale idéale au-dessus des morales particulières. Nous sommes alors en pleine guerre dynastique en Grande-Bretagne aux forts relents de guerre des religions entre catholiques, protestants et anglicans.

Desaguliers est sans doute membre d’une Loge maçonnique comme il en existait encore quelques unes, moribondes, vivotantes, dans Londres. Desaguliers y a découvert que, depuis des siècles, les Francs-maçons sont statutairement et réglementairement obligés de pratiquer la religion et de respecter le souverain et les lois du pays où leur pérégrination de chantier en chantier les mène. Il y voit le chemin lumineux pour réaliser son rêve : la religion et la morale universelles et idéales. Il décide alors de “récupérer” la vieille Franc-maçonnerie pour en faire le fer de lance de son projet politico-religieux.

Desaguliers charge, vers 1720-1722, le Pasteur Anderson de rédiger de nouvelles Constitutions pour cette Franc-maçonnerie nouvelle et moderne qu’il veut réinventer au profit de son projet. Et Anderson y met tout son zèle. C’est lui qui inventa (pour des raisons rusées et politiques) la fable de la création, en juin (à cause du solstice d’été) 1717, de la Grande Loge de Londres et de Westminster par la réunion de quatre Loges londoniennes à l’auberge “The Goose and the Gridiron”, dans le quartier de la cathédrale Saint-Paul.

Desaguliers et Anderson crée ainsi la Franc-maçonnerie des Moderns qui, de suite, connaît un gros succès dans le grand Londres aristocratique et bourgeois, et essaime à toute vitesse vers Bordeaux, Marseille, Amsterdam, Anvers, Hambourg, etc … bref vers tous les ports de commerce avec lesquels les Anglais travaillaient.

Cette idée centrale d’une religion et d’une morale universelles et idéales au-dessus des vieilles religions et morales instituées et quasi claniques, “collait” parfaitement avec l’esprit du temps qui voulait une humanité au-delà des vieux pouvoirs politiques et religieux : cet esprit du temps fut appelé “Enlightenment” en Angleterre, “Aufklärung” en Allemagne et “Lumières” en France, bref : il est l’esprit de philosophisme de ce 18ème siècle naissant.

Mais c’était aller un peu vite en besogne. C’était oublier l’existence de Grandes Loges parfaitement traditionnelles et non pas inventées par un Desaguliers en transe créative. Ces anciennes Grandes Loges étaient celles d’Ecosse, d’Irlande et d’York, essentiellement ; elle furent fédérées par un certain Laurence Dermott qui institua, contre les Moderns londoniens, les Ancients du reste de la Grande-Bretagne. Cette Franc-maçonnerie des Ancients essaima, elle aussi, notamment à Saint-Germain-en-Laye, autour de la Loge des gardes écossais du Roi Jacques Stuart alors en exil en France.

La querelle se termina en 1813 par un “traité” intitulé Act of Union qui, en gros, scella la victoire des Ancients et l’élimination des fumeuses Constitutions d’Anderson (déjà très largement modifiées dès 1736).

Le clivage actuel entre la Franc-maçonnerie régulière (reliée au Ancients) et les mouvances dites “libérales” (attachées au “progressisme” de Desaguliers et Anderson) vient de là.

Ce clivage est toujours là.

Donc, cette Grande Loge de Londres s’établit sur des principes “modernes” (les Moderns) qui furent rapidement combattus et éliminés par les Loges traditionnelles d’Ecosse, d’Irlande et de York (les Ancients), mais qui essaimèrent très vite en France et Belgique, puis en Allemagne, en Suisse et en Suède. En gros, les Ancients préservaient la vision spirituelle et rituelle héritée des constructeurs de cathédrales, alors que les Moderns cultivaient les valeurs mondaines de ce qui deviendra les “Lumières”. En Grande-Bretagne, ces innovations modernes furent assez vite tuées dans l’œuf. Mais le mal était fait et la “voie substituée” avait déjà contaminé d’autres pays.

En France, la révolution parisienne de 1789, força la majorité des Francs-maçons français (presque tous des nobles ou de riches bourgeois) à fuir et à se réfugier qui en Allemagne, qui en Angleterre, où ils réintégrèrent la Franc-maçonnerie traditionnelle.

Tout dérapa avec Napoléon Bonaparte qui, constatant que les élites françaises avaient fui la “révolution”, fit revenir les Francs-maçons en leur promettant la liberté de réunion en échange d’une allégeance totale au pouvoir impérial. Une part des Francs-maçons français acceptèrent et vinrent faire amende honorable devant le pouvoir sous la férule d’un “Grand Maître” de pacotille, frère de l’Empereur et d’un laquais de l’Empire : Cambacérès. Le Grand Orient de France, à la botte de la dictature napoléonienne était né. L’union sacrée entre la pseudo maçonnerie française et la politique était ainsi scellée. De là, les organisations pseudo maçonniques qui sévissent encore : le Grand Orient de France, le Droit Humain et quelques deux cents autres “obédiences” qui ne sont reconnues par personne et qui sont officiellement désavouées par toutes les Grandes Loges régulières du monde. Pour les vingt millions de Francs-maçons dans le monde, les membres de ces organisations irrégulières, rongées de politique, de laïcisme, d’humanisme, d’idéologie et d’affairisme, ne sont pas des Francs-maçons. C’est aussi simple que cela.

La Franc-maçonnerie traditionnelle, régulière et universelle a une vocation exclusivement spirituelle et initiatique, et ne peut ni ne veut accepter la moindre interférence avec les mondes religieux, politiques ou économiques. La Franc-maçonnerie régulière et traditionnelle, en France, s’incarne exclusivement dans la Grande Loge Nationale Française (GLNF) ; tout le reste n’est pas de la Franc-maçonnerie. Dont acte !

D’un point de vue spirituel, la Franc-maçonnerie régulière universelle est l’héritière, en droite ligne, des Sociétés des Maçons libres qui naquirent sur les chantiers romans et fleurirent sur ceux des cathédrales gothiques. Elle possède des racines essentiellement chrétiennes qui se sont enrichies, chemin faisant, d’inspirations kabbalistes, rosicruciennes, templières, etc …

La Franc-maçonnerie traditionnelle, régulière et universelle pratique exclusivement des rituels qui ont été mis en forme et début du 18ème siècle (sur la base de catéchismes beaucoup plus anciens) et qui constituent le fil rouge initiatique de la progression spirituelle des Francs-maçons. Il ne se passe rien d’autre, en Loge : ni conférences, ni débats, ni résolutions. Laissons cela aux officines partisanes, aux cafés du commerce ou aux écoles du soir.

Mais l’affaire se corse lorsque l’on parle des rites au sein de la Franc-maçonnerie. Tâchons d’y voir un peu clair …

Rites anglais et Rites continentaux.

En gros, le Rite Moderne (ou Français) s’inspire plutôt des Moderns (mais a bigrement évolué depuis et s’est considérablement enrichi de la symbolique hiramique ancienne notamment grâce à la Loge-mère de Marseille relevant de la mouvance des Ancients) alors que les Rites Ecossais s’inspirent plutôt des Ancients, mais avec de forts relents modernes …

Aujourd’hui, il convient de distinguer :

  • Les nombreux Rites anglais dont le porte-flambeau est le Rite Emulation, assorti de Side Degrees comme le Nautonier de l’Arche Royale (Royal Ark Mariner), le Maçon de la Marque (Mark Mason), le Compagnon de la Sainte Arche Royale (Holy Royal Arch Fellow) et les Chevaliers Templiers (Knights Templar). La Franc-maçonnerie anglo-saxonne s’ancre dans une spiritualité vaguement judéo-chrétienne et insiste surtout sur le perfectionnement moral du Franc-maçon au service de l’humanité ; la dimension philanthropique y est dominante, surtout aux Etats-Unis.
  • Les Rites continentaux :
    • Le Rite Ecossais Ancien et Accepté qui développe une mystique plutôt moniste, naturaliste, cosmosophiste, panenthéiste, immanentiste, etc …
    • Le Rite Moderne qui, dans les grades bleus, est devenu très proche du Rite Ecossais Ancien et Accepté, et dont les quatre “hauts grades” sont très parallèles aux grades équivalents parmi les quinze premiers des trente “hauts grades” du REAA.
    • Le Rite Ecossais Rectifié (avec ses trois “hauts grades”) issu de l’hybridation, sous la férule de Jean-Baptiste Willermoz, entre la Stricte Observance Templière allemande et les enseignements martinésistes (Martinès de Pasqually) et martinistes (Louis-Claude de Saint-Martin) français. Ce Rite est christique, théiste, dualiste, surnaturaliste, transcendantaliste, etc …
    • Et, très marginalement, le Rite de Memphis-Misraïm (en hébreu, Erètz Mitzraïm désigne l’Egypte ou, en traduction littérale, le “pays des bornes ou des bornés”), issu de la fusion de deux rites artificiels (de Memphis et de Misraïm), nés dans l’euphorie des découvertes napoléoniennes et, surtout, champolionnesques lors de la campagne d’Egypte, au début du 19ème siècle. Ce Rite est plutôt occultiste et hermétiste et ne comporte pas moins de 96 “hauts grades”.

L’essence profonde et irréfragable de la Franc-maçonnerie.

Mais, indépendamment de ces questions de rites qui ne sont que des expressions particulières du vécu maçonnique, l’essence profonde et immuable de la Franc-maçonnerie, c’est-à-dire la logique interne qui régit l’accomplissement de l’Ordre maçonnique, partout dans le monde, est la reconstruction spirituelle et intérieure du Temple de Salomon, selon les plans décrits dans la Bible hébraïque qui doit donc se trouver au centre de la Loge et de ses travaux. Cette reconstruction se fait “à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers” qui symbolise non pas un principe d’autorité qui gouvernerait l’univers, mais bien le principe de cohérence, transcendant et immanent, qui engendre cet univers vivant dans lequel travaillent les initiés. L’architecte garantit la cohérence de l’édifice et du travail sur le chantier.

L’écossisme du Rite Ecossais Ancien et Accepté, qui est une des branches spirituelles de la Franc-maçonnerie, est probablement la plus proche d’un naturalisme spiritualiste tel qu’évoqué plus haut. Le Rit (sic) Ecossais Rectifié, lui, est plus christique et théiste.

Tous ces rites cohabitent en parfaite harmonie et fraternité.

La Franc-maçonnerie régulière universelle veut se placer, spirituellement et philosophiquement, au-delà et au-dessus des diverses traditions spirituelles et religieuses, laissant à chaque initié la totale liberté d’aller s’abreuver aux sources de son choix. L’initiation maçonnique pose le Divin au-delà de l’humain (elle n’est donc pas un “humanisme”), mais laisse à chacun la totale liberté de “définir” son Divin. Ce qui rassemble les Francs-maçons, ce n’est pas la définition du Divin, mais le cheminement initiatique et rituel vers ce Divin, quel qu’il soit. Les rites maçonniques sont le balisage d’un chemin vers le Divin, vers la divinisation de l’homme initié.

On le comprend donc facilement : la Franc-maçonnerie traditionnelle, régulière et universelle se définit comme une aristocratie initiatique et spirituelle qui n’a que faire des gesticulations sociétales et mondaines, politiques et économiques, qui animent tant le monde profane.

Le piège infernal de la “laïcité” en France.

En France, la confusion, systématique et savamment entretenue, entre laïcité et laïcisme devient ridicule.

La laïcité est une doctrine politique qui établit la séparation totale entre pouvoir politique et pouvoir religieux. Cette doctrine n’empêche nullement les institutions religieuses d’avoir et de donner leur avis sur la politique, ne serait-ce qu’au nom de la liberté d’opinion et du droit d’expression … Réciproquement, la doctrine laïque n’interdit nullement, tout au contraire, à l’Etat, de mettre le holà aux débordements des Religions et aux éventuelles manifestations de leurs intégrismes, fondamentalismes ou prosélytismes.

La laïcité est un jeu institutionnel typiquement français entre Eglise et Etat, hérité des névroses du 19ème siècle républicain et scientiste.

Le laïcité est un principe politique et sociétal car, sur le fond, jamais, on n’empêchera une personne engagée dans une foi spirituelle, de conformer ses comportements citoyens à ses croyances religieuses.

Quant à lui, le laïcisme est un euphémisme qui recouvre, en fait, un athéisme militant, assorti d’un matérialisme, d’un antispiritualisme et d’un anticléricalisme ringards, et qui mène une guerre radicale (source du radicalisme politique) contre toutes les religions, contre toutes les traditions spirituelles. A travers les partis socialistes et gauchistes, ce sont les pseudo-obédiences dites maçonniques du Grand Orient de France et du Droit Humain (et la kyrielle de leurs dissidences et déviances) qui sont, surtout, les moteurs obsessionnels et passablement débiles du laïcisme en France. Nulle part ailleurs, dans le monde, n’ont cours de telles puérilités.

Mise en garde.

Il faut ici rappeler que la Franc-maçonnerie universelle et régulière, à laquelle appartient, depuis 1975 l’auteur de ces lignes (Grand Lodge of Georgia-USA, Grand Lodge of Israël et Grande Loge Régulière de Belgique), est quasi inexistante sur le sol français. La Franc-maçonnerie régulière et universelle implique, comme conditions préalables à l’initiation et comme pratiques incessantes de tous ses membres :

  • la foi spirituelle en un principe fondamental, infiniment supérieur à l’humain, appelé Grand Architecte de l’Univers,
  • l’interdiction formelle d’aborder quelque sujet politique ou religieux que ce soit,
  • la pratique de la philanthropie,
  • l’application, en tout, d’une éthique scrupuleuse d’honnêteté, de vérité, de dignité et de générosité,
  • et la condamnation radicale de toute forme de compromission, de copinage ou d’affairisme.

La Franc-maçonnerie régulière et universelle est clairement un spiritualisme, un antihumanisme[1] et un aristocratisme, à visée spirituelle et éthique, tout à l’opposé des positions des pseudo-obédiences françaises qui lui font un tort considérable.

Observations : Si nous lisons bien, étant rejetés dans les ténèbres extérieures, nous devrions nous sentir très honorés de pouvoir servir du « Très Cher Frère » à Marc Halévy et, malgré qu’il en ait, c’est bien parce que nous le reconnaissons pour tel que nous le publions.

Nous nous arrêterons seulement au tout début de sa première phrase : « En France, la pseudo Franc-maçonnerie qui fait parler d’elle dans la presse… » : nous ne sachions pas qu’elle en ait l’apanage… L’Obédience régulière dont il vante les mérites n’a-t-elle pas connu, dans un passé récent, quelques vicissitudes dont la Presse s’était aussi largement fait l’écho ? Sa sérénité n’a-t-elle pas été entamée par les pratiques douteuses de quelque ancien Grand Maître, voire de « Frères de la Côte » ? Longtemps tenues sous le boisseau, ces affaires révélèrent des compromissions internes qui, à tout le moins, ne relevaient pas des plus hautes exigences de la spiritualité. Par la suite, une scission ne s’est-elle pas produite ? Où était donc le courage de ceux qui ne voulaient pas voir ?

Que penser de la situation dans le monde ? Largement en déclin dans des territoires de très ancienne implantation, la franc-maçonnerie régulière ne doit-elle incriminer qu’un ostracisme perpétuel ou contemporain ? Quand, sous certaines latitudes – et longitudes, également –, une ribambelle de grades peut être conférée à un candidat en une seule journée – contre espèces sonnantes et trébuchantes, nous le concédons volontiers –, s’agit-il de la pure et soudaine reconnaissance d’une grâce exceptionnelle ?

Nous nous perdons en perplexité devant l’attitude hautaine de certaine Obédience qui, à la lumière des circonstances et, plus encore, au titre des vertus qu’elle professe, devrait être davantage encline à l’humilité (nous disons bien, en tant qu’Obédience). C’est pourquoi ce n’est pas en haussant le ton et en se drapant dans une sorte de régularité ombrageuse – qui fait tristement sourire – qu’elle sera plus qualifiée qu’une autre pour donner des leçons à la terre entière. Si la voie initiatique a un sens, emprunte-t-elle jamais ce chemin-là ? Peut-on, de plus, négliger le sort des femmes en franc-maçonnerie ? Tout être humain procède d’une femme. Cette banalité est-t-elle de si faible conséquence ?

On le voit, nous sommes restés dans l’exquise pudeur des détails car la vérité majeure que nous voulons souligner ici est d’un autre ordre : nous sommes des êtres humains, la franc-maçonnerie est une œuvre humaine, nous avons tous notre lot d’erreurs, nous changeons souvent de croyances et d’opinions au cours d’une vie, n’en sommes-nous pas moins francs-maçons ? Nous avons notre histoire, la franc-maçonnerie a son Histoire. D’où vient que, dans cette quête spirituelle intérieure, avec l’élévation de conscience qui parvient, espérons-le, à se faire jour en nous, nous devrions progresser plutôt en sévérité qu’en amour ?

Pour notre part, toutes nos Sœurs et tous nos Frères sont les premiers maillons – donc souvent les plus accessibles – de la longue chaîne humaine à laquelle nous appartenons chaque jour davantage ; aussi bien, que serions-nous sans eux, dans l’humanité que nous voulons bâtir avec tolérance et respect ? Chacun a ses conceptions, la belle affaire ! C’est même en partant de ce constat que la franc-maçonnerie a construit sa méthode, son symbolisme et son idéal. Loin des querelles intestines, elle doit répondre aux nécessités des temps présents. Il y a urgence dans nos sociétés.

Mon Très Cher Frère Marc, je te le dis, en toute simplicité : marche avec nous ! Nous ne sommes pas ta croix, pas plus que tu n’es la nôtre. Les chemins, les vastes chemins du monde, ont besoin de toutes les bonnes volontés. Tu es le bienvenu. Christian.


[1] Par antihumanisme, il faut entendre que l’homme n’est pas la mesure de toute chose, que l’homme n’est ni le sommet, ni le but, ni le centre de l’univers, que l’homme, comme tout ce qui existe, est soumis à un principe supérieur sacré qui régit l’univers et lui donne sens et valeur.

Marc Halévy
Marc Halévy est un écrivain français, né le 3 mai 1953 à Bruxelles. Il écrit sur la Kabbale, le taoïsme et la franc-maçonnerie, et sur leur convergence avec les vues de la physique contemporaine. Il soutient une idée de l'accumulation du temps — le temps ne passe pas, il s'accumule — et des théories dérivées de la panmnésie et des homéomnésies pour rendre compte des processus d'autopoïèse. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Hal%C3%A9vy

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