lun 21 juin 2021 - 00:06

Le croyancisme : une addiction acquise tôt dans la vie.

Nous sommes accrochés à nos croyances comme des moules à un rocher. Pourquoi ? Entre autres parce qu’on nous y plonge bien tôt.  

C’est pareil pour nous tous mais surtout durant l’enfance :  à partir de quelques cas observés, notre cerveau généralise et croit avoir découvert des mécanismes valables dans tous cas, bref une ou des lois universelles .

En fait on s’est fait une croyance, c’est tout, mais si elle correspond à nos envies intimes, on se met à tisser autour un argumentaire protecteur. Plus tard, on aura tellement investi d’énergie à la défendre qu’on recourra au besoin à la mauvaise foi et peut-être à la violence pour éviter de la perdre. La mauvaise foi, c’est quand on fait taire la petite voix intérieure qui nous susurre qu’on fait probablement fausse route, et qu’on risque de perdre plein d’amis.

Nos pays subissent les actes terroristes perpétrés au cri d’Allah Akbar, et on juge et condamne les terroristes appréhendés. Interrogés, tous indiquent agir en suivant à la lettre les instructions de leurs textes religieux  .

Beaucoup dans nos pays trouvent idiot de lire ces textes religieux anciens au premier degré. Pourtant, les groupes prônant cette lecture puriste ne semblent pas être en train de disparaître : outre les islamistes, on voit aussi les créationnistes, les Amish, les évangélistes …

Le remplacement rapide de religions, à l’influence déclinante, au début du 20e siècle, par des idéologies totalitaires, montre que les peuples concernés avaient un besoin de croire, et qu’un sevrage trop rapide engendre une recherche de croyance de substitution. Lors de ce changement, le sentiment d’urgence dû au sevrage pousse à se jeter sur la première croyance qui passe. En ce début de 21e siècle nous voyons une infinie variété de complotismes, de collapsologues, etc. :  internet a fait exploser l’offre de croyances, on en trouve toujours au moins une qui correspond à ses envies, et assortie d’un joli mille-feuilles argumentatif qui plaît à notre cerveau raisonnant.

Pourquoi cette addiction à des croyances ?

L’explication courante est que la croyance sert à rassurer.

Exemple : je suis mortel, et l’incertitude concernant ce qui se passe après la mort est insupportable, aussi je crois ce qu’un prêtre ( ou gourou ) à l’air savant et recommandé par mes parents me raconte.

Oui mais ne peut-on chercher à se rassurer sans gober n’importe quoi ?

La racine du problème, c’est que nous commençons tous notre vie en croyant ce que disent nos parents ; nous constatons que leurs efforts concourent à notre bien, que leurs recommandations nous évitent bien des expériences douloureuses, que leurs explications s’avèrent utiles.

Enfants, la confiance nous aide à vivre, et nous l’accordons volontiers à celui qui nous lit l’évangile de Jean : «  Heureux ceux qui croient sans avoir vu » . Nous apprenons ainsi à ne pas mettre en doute les écrits religieux et à respecter scrupuleusement la parole des religieux, ou gourous, ou leaders politiques, ou manipulateurs de tout poil.

La peur de perdre notre béquille rassurante, voilà pourquoi nous sommes si crédules.

Comment progresser ? En apprenant à nos enfants que l’erreur existe, que la vérification est nécessaire, que toute généralisation peut être erronée, que les adultes peuvent se tromper et/ou tromper ( sans tomber dans la suspicion généralisée ), …à vous d’écrire la suite.

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Patrick Van Denhove
Patrick Van Denhovehttps://www.lebandeau.net
Après une carrière bien remplie d' ingénieur dans le secteur de l'énergie, enfin je puis me consacrer aux sciences humaines ! Heureux en franc-maçonnerie, mon moteur est la curiosité, et le doute mon garde-fou.

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2 Commentaires

  1. Excellent texte, mon Frère. C’est exactement ce que je pense sans pouvoir l’exprimer. J’ai récemment mis sur ma page Facebook qu’en ce qui me concerne, je suis athée de naissance. Des soit-disant philosophes m’ont fait remarquer qu’être athée implique une réflexion sur Dieu, ce dont un nouveau né n’est pas capable.Je prend athée au premier degré : quelqu’un à qui l’idée de Dieu est difficile à concevoir, c’est le cas des bébés.

  2. Merci frangin ! Tes écrits sur Atramenta valent encore plus le détour, mais sans oublier tes billets d’humeur sur Facebook.

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